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04
Mar 13

Histoire d'Internet : les pairs fondateurs

Histoire et hypertextualité

A travers les pensées, idées et travaux de trois hommes, nous allons démontrer que « l’esprit » web, que l’on peut qualifier de communautaire, international, interculturel, n’est pas du tout né avec la génération X, ne s’est pas du tout révélé avec la génération Y mais possède une philosophie, une logique et une conception héritée à la fois du monde de la documentation du début du siècle, de la pensée scientifique de la seconde guerre mondiale et de la contre-culture américaine des années soixantes.

La philosophie du web

histoire d'internet : l'influence des bibliothèquesEn 1934, dans son traité de documentation, Paul Otlet imaginait déjà « des œuvres classiques ou de grande actualité photographiées et mises “en débit constant” dans les annexes des bibliothèques. Chacun pourrait ainsi, à volonté et de loin, obtenir la lecture désirée. » C’est bien ce que propose les médiathèques quelque soixante-dix ans plus tard.

On retrouve ici une des idées fondamentales du réseau Internet et de son usage principal, le web : rendre accessible des contenus au plus grand nombre et à distance. Pour Paul Otlet « Le Réseau, de quelque manière que ce soit, doit relier les uns aux autres, les centres producteurs, distributeurs, utilisateurs, de toute spécialisation et de tout lieu. » Déjà cette vision s’affranchissait des frontières et des cultures.

Le réseau de données, l’approche scientifique et rigoureuse

Mathématicien et physicien américain, Vannevar Bush (1890 – 1974) est un visionnaire de la circulation de l’information. Gestionnaire de la recherche scientifique pendant la seconde guerre mondiale, il participe notamment au « Manhattan Project ». Il conçoit le Memex, un appareil qui offre la possibilité à son utilisateur, de créer des liens entre deux documents, d’annoter son parcours de lecture et de conserver la trace de son cheminement. Dans son article publié en juillet 1945 dans le journal « The Atlantic », Vannevar Bush est clairement précurseur de l’ordinateur personnel : « Imaginons un appareil de l’avenir à usage individuel, une sorte de classeur et de bibliothèque personnels et mécaniques. […] Un memex, c’est un appareil dans lequel une personne stocke tous ses livres, ses archives et sa correspondance, et qui est mécanisé de façon à permettre la consultation à une vitesse énorme et avec une grande souplesse. Il s’agit d’un supplément agrandi et intime de sa mémoire. »

On retrouve aussi dans ces idées ce qui fait l’intérêt et l’attractivité des systèmes de gestion des signets aujourd’hui, tels que Pearltrees, Diigo, ou anciennement Delicious. Déjà pour Vannevar Bush, il s’agit d’une orthèse cognitive, une extension de sa mémoire.

 histoire d'internet : le mémex

L’hypertextualité littéraire et utopiste

histoire d'internet : xanadu, le projet précuseur de wikipédiaChercheur en sciences humaines et en littérature, Ted Nelson invente en 1965 le terme HyperText, pour désigner « une écriture-lecture non-linéaire donnant à l’utilisateur une liberté de mouvement ». Il est également à l’origine de l’utopiste projet de la bibliothèque universelle, le projet Xanadu, « horizon absolu de l’hypertexte ». La vision de Ted Nelson est à l’origine du mythe « d’Internet pour tous », capable de briser les chaînes, d’abolir les distances et de rendre les savoirs accessible à tous. Pour autant, au-delà du mythe, le projet Wikipédia en est un héritage concret et les phénomènes du « Printemps Arabe » de 2011 se sont largement appuyés sur les sciences de l’information et de la communication et les technologies afférentes pour appuyer des mouvements sociaux et politiques de grandes ampleurs.

Concocté à partir du mémoire de recherche « Évaluer l’information sur le web, peut-on arriver à une pertinence sociocognitive satisfaisante ?« .

27
Juil 10

Une vidéo qui date d’il-y-a quelque mois et que je regarde seulement maintenant. Je découvre l’analyse de Serge Soudoplatoff dans une autre excellente vidéo de l’ENS.

Mes passages préférés :

Internet n’a rien inventé. Il a permis à des formes sociales pré-existantes de se développer.

Internet à rajouter un troisième niveau de connaissance : la connaissance globale. Le premier niveau, c’est je sais. Le deuxième niveau c’est tout le monde sait. Le troisième niveau, c’est que tout le monde sait que les autres savent.

Internet favorise des formes d’économie nouvelle. Quand on partage un bien immatériel (mp3 par exemple), il se multiplie.

http://www.dailymotion.com/video/xchhe2
26
Juil 10

Le fait de la communication a conquis en peu de temps une autonomie par rapport à ce qui doit être transmis, au profit d’une rupture de la logique sémantique et sémiotique. La communication devient un tout englobant, doté de ses lois propres, lois aussi complexes et polyvalentes que celles qui régissent une société dans son entièreté, l’ensemble produit ressemblant en tous points à une nouvelle civilisation, totalement adossée à la communication devenue force vive, constitutive de ses us et coutumes, de sa mentalité et ses ambitions. C’est bien d’une rupture qu’il s’agit, qu’on peut juger aussi grande entre les premières radios, voire les premières télévisions et les premiers ordinateurs et notre aujourd’hui, que la rupture des modes de communication des civilisations antiques jusqu’à leurs plus extrêmes progénitures et nos outils primitifs de notre époque de la communication.

Lire le « Le pont de la communication » paru sur Dedefensa.org.

Le texte est la Quatrième Partie de l’essai métahistorique de Philippe Grasset La grâce de l’Histoire, dont la publication sur dedefensa.org a commencé le 18 décembre 2009 (Introduction : «La souffrance du monde»), pour se poursuivre le 25 janvier 2010 (Première Partie : «De Iéna à Verdun»), le 3 avril 2010 (Deuxième Partie : «Le “rêve américain” et vice-versa») et le 16 mai 2010 («Du rêve américain à l’American Dream»).

Qui suis-je ?

guillaume-nicolas meyer

Bienvenue sur mon blog. Je m'appelle Guillaume-Nicolas Meyer, j'ai 44 ans, je suis marié, papa de quatre enfants, et je suis un Knowledge Manager curieux et polymathe. Manager en Ressources Humaines, je suis également chercheur en sciences humaines et sociales, et doctorant en sciences de gestion. Je m'intéresse également aux sciences cognitives et à l'environnement. Après la région parisienne, la Bretagne et l'Alsace, je suis actuellement basé en Poitou-Charentes, France.

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