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10
Mar 11

émergence métacognition

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

2 De la kybernêtikê de Google à l’homéostasie de Facebook

2.2 Les invariants d’un centre de documentation

Tout comme Gödel, les structuralistes tels que Levy-Strauss, Lacan, Piaget ou Bourdieu sont convaincus de la présence d’invariants qui échappent à la conscience du sujet, du système. Car, contrairement au holisme, le structuralisme explique le complexe par l’interaction entre les éléments d’un système.

Cette conception particulière se retrouve chez les chercheurs du Mental Research Institute de Palo Alto qui considère exclusivement les systèmes humains comme des systèmes de relations, des systèmes de communication. Pour eux, « Les liens qui unissent les éléments d’un système sont si étroits qu’une modification de l’un des éléments entraînera une modification de tous les autres, et du système entier. » [WAT 72]

Cette capacité à laisser la porte ouverte à un phénomène que l’on ne maîtrise pas, voire dont on a pas conscience est plus qu’un pied de nez à l’approche scientifique, elle est tout simplement magique. Magie, identifiée par Flawell comme « La métacognition se rapporte à la connaissance qu’on a de ses propres processus cognitifs, de leurs produits et de tout ce qui y touche, par exemple, les propriétés pertinentes pour l’apprentissage d’information ou de données… » [FLA 76]

Dans notre champ d’études concernant un centre de documentation, l’évaluation de l’information est notre besoin / fonction identifié comme étant le plus élevé, le plus complexe, attendu / proposé. Or, en psychologie cognitive, l´étude du système de traitement de l´information chez l´être humain a fait apparaître que celui-ci est et devient un acte de connaissance. Tout ce qui se passe donc dans un centre de documentation est acte de connaissance.

Nous allons étudier le cas particulier de l’approche systémique en milieu scolaire et au rôle que peut / doit jouer le centre de documentation dans un tel milieu. La systémique permet d’étudier la difficulté scolaire dans le cadre d’un système. Cette approche va observer les interactions dynamiques entre les différents éléments (élève, documentaliste, savoir, centre de documentation, école, famille, environnement) et leur structuration organisée en fonction d’un but. Nous retiendrons qu’un de ces buts est l’acquisition autonome de connaissances et de compétences (apprendre à chercher des informations, apprendre à les évaluer).

L’approche systémique permet l’appréhension de systèmes complexes et donc de problèmes complexes. La systémique permet donc d’éviter les réponses binaires de l’approche linéaire telle qu’« une difficulté en français nécessite uniquement une remédiation en français » (souvent avec le même type d’exercices déjà proposé).


[WAT 72] WATZLAWICK Paul, HELMICK BEAVIN Janet, JACKSON Don D., 1972, « Une logique de la communication », Paris, Seuil.

[FLA 76] FLAVELL J.H., 1976, « Metacognitive aspects of problem-solving », In Resnick and all : The nature of intelligence : Lawrence Erlbaum Associates.

07
Mar 11

métacognition en centre de documentation

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

1 De la syllogistique à l’inconcevabilité

1.3 Complexité de Kolmogorov et incomplétude de Gödel

Nous utiliserons ici le fallacieux prétexte du champ d’études transverse des Sciences de l’Information et de la Communication pour faire appel à la théorie algorithmique de l’information et au célèbre théorème de logique mathématique de Gödel. Leur emploi est selon nous nécessaire, pour illustrer, à l’aide de la quintessence de la science la plus « dure » (les mathématiques) la réduction des données opérées par les modèles bibliométriques (une science un peu plus « molle ») et mettre en évidence l’impossibilité de l’approche analytique à modéliser la complexité.

La théorie de la complexité de Kolmogorov synthétise plusieurs mesures de complexité, dont celle proposée par Shannon dans sa théorie de l’information. La théorie établit que la complexité d’un objet fini peut se définir par la taille du plus petit programme informatique (au sens théorique) qui permet de produire cet objet. La particularité supplémentaire de cette théorie est qu’elle n’est pas décidable. En effet, on peut concevoir un algorithme produisant l’objet voulu, ce qui prouve que la complexité de cet objet est au plus la taille de cet algorithme, mais on ne peut pas écrire de programme qui donne la complexité de Kolmogorov de tout objet que l’on voudrait lui donner en entrée.

Nous retiendrons de cette théorie qu’une information n’est jamais contenue dans un message seul, mais dans le couple message et décodeur, de façon indissociable. Ce constat nous permet d’établir que l’approche analytique, en divisant les éléments, ne peut pas appréhender la relation entre un message et son décodeur, base de la complexité.

Ce constat est renforcé par le fameux théorème d’incomplétude de Gödel, publié en 1931 dans son article « Über formal unentscheidbare Sätze der Principia Mathematica und verwandter Systeme » (Sur les propositions formellement indécidables des Principia Mathematica et des systèmes apparentés).

« Dans n’importe quelle théorie récursivement axiomatisable, cohérente et capable de « formaliser l’arithmétique », on peut construire un énoncé arithmétique qui ne peut être ni prouvé ni réfuté dans cette théorie.

Si T est une théorie cohérente qui satisfait des hypothèses analogues, la cohérence de T, qui peut s’exprimer dans la théorie T, n’est pas démontrable dans T. »

Nous retiendrons et transposerons du premier énoncé aux Sciences de l’Information et de la Communication, qu’une théorie suffisante pour « faire » de la documentation est nécessairement incomplète. Il existe dans cette théorie des énoncés qu’on ne sait pas démontrer à partir des seuls axiomes de la logique et dont la négation n’est pas non plus démontrable. « Il n’existe aucun formalisme qui embrasserait toutes ces étapes [du développement mathématique]. » [BON 08] La science la plus « dure » éprouve ses frontières avec humilité, la documentation en est-elle capable ?

L’approche scientifique, analytique, logique, montre ici ses limites. Cette volonté d’appréhender le réel de façon linéaire rend les aristotéliciens incapables de se rendre compte de leur incompétence face à la complexité.


[BON 08] Boniface Jacqueline, 2008, « Gödel : des théorèmes d’incomplétude à la théorie des concepts », in Noesis, N°14 | 2008 : Sciences du vivant et phénoménologie de la vie, [en ligne], http://noesis.revues.org/index1661.html, consulté le 30 décembre 2010

Qui suis-je ?

guillaume-nicolas meyer

Bienvenue sur mon blog. Je m'appelle Guillaume-Nicolas Meyer, j'ai 44 ans, je suis marié, papa de quatre enfants, et je suis un Knowledge Manager curieux et polymathe. Manager en Ressources Humaines, je suis également chercheur en sciences humaines et sociales, et doctorant en sciences de gestion. Je m'intéresse également aux sciences cognitives et à l'environnement. Après la région parisienne, la Bretagne et l'Alsace, je suis actuellement basé en Poitou-Charentes, France.

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