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15
Mar 11

Guillaume-Nicolas Meyer - métacognition en centre de documentation

Dans le cadre de mon master en Information et Communication à l’Université Paul Valéry Montpellier 3 et suite à mes 8 articles présentant ma réflexion sur l’émergence de la métacognition en centre de documentation, je mets à disposition le document complet comprenant la conclusion, téléchargeable au format pdf.

Métacognition en centre de documentation

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11
Mar 11

bibliothèque

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

2 De la kybernêtikê de Google à l’homéostasie de Facebook

2.3 Dans la bibliothèque de Google, le rat n’a plus rien à ronger

Nous ne prenons guère de risque en énonçant qu’en milieu scolaire (CDI) un centre de documentation reste pour beaucoup aujourd’hui un lieu inintéressant où végète un « rat de bibliothèque », avec qui, bien souvent, il est difficile de discuter.

Ces difficultés de compréhension sont en grande partie dues aux nouvelles typologies de recherche. On est passé de « Madame, il me faudrait un livre d’histoire récent pour une photo du président des USA. » à un jeune devant un ordinateur qui « cherche une photo du visage de Barack Obama, de grandes tailles, au format JPEG, et dont la licence autorise des modifications. » (lien vers la requête). De plus, Google, le principal moteur de recherche, propose une interface si simple qu’elle ne requiert aucun effort de structuration et de formulation de la demande. Ainsi donc, on saisit « vacances en Laponie » pour trouver aussi bien une agence de voyages spécialisée dans cette destination que pour regarder des photos de rennes tirant un traîneau. Des finalités très différentes et pourtant une formulation identique. Aucun documentaliste n’accepte une requête de ce genre. La première chose qu’il demandera sera de préciser la requête. « Vous cherchez une agence de voyages ou des fichiers multimédias ? »

Le fossé est trop large. D’un côté, nous avons un univers pensé, normalisé et classifié, régi par un professionnel qui inscrit ses démarches dans le temps (conservation) et de l’autre, un monde de l’immédiateté, de l’instant, dans lequel trouver par erreur (effet serendip) est presque devenu une étape incontournable de l’activité de recherche (je ne recherche plus, je navigue). Notre rapport à l’information a tellement évolué depuis la démocratisation du web que « les schèmes cognitifs changent, on ne joue plus de la même manière avec les outils de recherche. » [GAL 08]

On s’aperçoit bien qu’appréhender un centre de documentation sans analyser, cartographier et évaluer les relations qui sont en jeu dans des méthodes pédagogiques, des techniques d’enseignement, des modalités d’évaluation et des activités d’apprentissage, réduit considérablement sa portée et sa compréhension.

L’entropie informationnelle [ERT 03, GAL 02] change notre rapport à l’information, nos façons de la rechercher, de l’évaluer, de la stocker, de l’annoter. L’équifinalité de l’approche systémique permet d’envisager plusieurs chemins pour apprendre la même chose.


[GAL 08] GALLEZOT Gabriel, ROLAND Michel, ARASZKIEWIEZ Jacques, 2008, « La recherche floue » In : Traitements et pratiques documentaires : vers un changement de paradigme ? – Document numérique et Société, Paris, CNAM, France.

[ERT 03] ERTZSCHEID Olivier, GALLEZOT Gabriel, 2003, « Chercher faux et trouver juste, Serendipité et recherche d’information. », CIFSIC, Bucarest 2003 – Atelier D2 – «Communication et complexité ».

[GAL 02] GALLEZOT Gabriel, 2002, « La recherche in silico » In : Chartron G. (dir.) Les chercheurs et la documentation électronique : nouveaux services, nouveaux usages, Edition du cercle de la Librairie, Coll. Bibliothèque.

10
Mar 11

émergence métacognition

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

2 De la kybernêtikê de Google à l’homéostasie de Facebook

2.2 Les invariants d’un centre de documentation

Tout comme Gödel, les structuralistes tels que Levy-Strauss, Lacan, Piaget ou Bourdieu sont convaincus de la présence d’invariants qui échappent à la conscience du sujet, du système. Car, contrairement au holisme, le structuralisme explique le complexe par l’interaction entre les éléments d’un système.

Cette conception particulière se retrouve chez les chercheurs du Mental Research Institute de Palo Alto qui considère exclusivement les systèmes humains comme des systèmes de relations, des systèmes de communication. Pour eux, « Les liens qui unissent les éléments d’un système sont si étroits qu’une modification de l’un des éléments entraînera une modification de tous les autres, et du système entier. » [WAT 72]

Cette capacité à laisser la porte ouverte à un phénomène que l’on ne maîtrise pas, voire dont on a pas conscience est plus qu’un pied de nez à l’approche scientifique, elle est tout simplement magique. Magie, identifiée par Flawell comme « La métacognition se rapporte à la connaissance qu’on a de ses propres processus cognitifs, de leurs produits et de tout ce qui y touche, par exemple, les propriétés pertinentes pour l’apprentissage d’information ou de données… » [FLA 76]

Dans notre champ d’études concernant un centre de documentation, l’évaluation de l’information est notre besoin / fonction identifié comme étant le plus élevé, le plus complexe, attendu / proposé. Or, en psychologie cognitive, l´étude du système de traitement de l´information chez l´être humain a fait apparaître que celui-ci est et devient un acte de connaissance. Tout ce qui se passe donc dans un centre de documentation est acte de connaissance.

Nous allons étudier le cas particulier de l’approche systémique en milieu scolaire et au rôle que peut / doit jouer le centre de documentation dans un tel milieu. La systémique permet d’étudier la difficulté scolaire dans le cadre d’un système. Cette approche va observer les interactions dynamiques entre les différents éléments (élève, documentaliste, savoir, centre de documentation, école, famille, environnement) et leur structuration organisée en fonction d’un but. Nous retiendrons qu’un de ces buts est l’acquisition autonome de connaissances et de compétences (apprendre à chercher des informations, apprendre à les évaluer).

L’approche systémique permet l’appréhension de systèmes complexes et donc de problèmes complexes. La systémique permet donc d’éviter les réponses binaires de l’approche linéaire telle qu’« une difficulté en français nécessite uniquement une remédiation en français » (souvent avec le même type d’exercices déjà proposé).


[WAT 72] WATZLAWICK Paul, HELMICK BEAVIN Janet, JACKSON Don D., 1972, « Une logique de la communication », Paris, Seuil.

[FLA 76] FLAVELL J.H., 1976, « Metacognitive aspects of problem-solving », In Resnick and all : The nature of intelligence : Lawrence Erlbaum Associates.

09
Mar 11

image de bibliothèque

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

2 De la kybernêtikê de Google à l’homéostasie de Facebook

2.1 Qui sauve le vaisseau en perdition ?

« Aujourd’hui la science se trouve en quelque sorte sur une ligne de partage. Pendant deux siècles elle a étudié des systèmes intrinsèquement simples… Le fait qu’un dogme comme ‘faire varier les facteurs un par un’ ait pu être admis pendant un siècle, montre que l’objet des recherches scientifiques était dans une large mesure les systèmes qu’autorisait justement cette méthode, car une telle méthode est souvent totalement impropre à l’étude des systèmes complexes… Jusqu’à une époque récente, la science a eu tendance à concentrer son attention sur les systèmes simples et, notamment, sur les systèmes réductibles par l’analyse. » [ASH 56]

Cette ligne de partage dressée par Ashby en 1956 opposait déjà le maître et l’élève il y a 2300 ans. Comme nous avons vu ce qu’en pensait l’élève, étudions maintenant les propos de son maître.

« N’est-ce pas à la fois le pilote et les matelots, dont les sens s’unissent à l’intelligence du pilote, qui se sauvent eux-mêmes en même temps que le vaisseau. » Loin de fermer la porte au rire, Platon, dans cet extrait de « Les lois » (Livre XII), met en évidence la première approche systémique. Ni le pilote seul, ni les matelots, non plus que le vaisseau, ne peuvent trouver une solution à leur problème (sauver le vaisseau). Platon conçoit le vaisseau, le pilote et les matelots comme un système. Quand il parle de sens et d’intelligence, il est de plus dans l’analyse des relations de ce système.

Tout comme Blaise Pascal pour qui « Toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates, et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties », Ludwig von Bertalanffy formalise les réflexions de Platon dans sa théorie générale des systèmes : « Le tout d’un système est plus que la somme de toutes les parties du système. Toute approche s’y rapportant doit partir d’une recherche globale de la solution. »

Joël de Rosnay va plus loin [ROS 75] et intègre le kybernêtikê de la pensée grecque à la systémique : « Aujourd’hui, nous sommes confrontés à […] l’infiniment complexe […] Nous sommes confondus par le nombre et la prodigieuse variété des éléments, des relations, des interactions ou des combinaisons sur lesquels reposent le fonctionnement des grands systèmes […] Nous sommes déroutés par le jeu de leurs interdépendances et de leur dynamique propre, qui les font se transformer au moment même où nous les étudions. L’approche systémique […] s’appuie sur une démarche globale des problèmes ou des systèmes que l’on étudie et se concentre sur le jeu des interactions entre leurs éléments. »


[ASH 56] ASHBY W. Ross, Introduction to Cybernetics, Chapman & Hall, London, [disponible en ligne], http://pespmc1.vub.ac.be/books/IntroCyb.pdf, consulté le 1 janvier 2011.

[ROS 75] DE ROSNAY Joël, 1975, « Le macroscope, vers une vision globale », Seuil, collection Points

08
Mar 11

Pyramide des besoins de Maslow par Guillaume-Nicolas Meyer

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

1 De la syllogistique à l’inconcevabilité

1.4 Des « besoins » de Maslow, inconcevables

Paul Watzlawick enfonce le clou [WAT 72] : « …tant que la science a eu pour objet des relations causales linéaires, univoques et progressives, des phénomènes fort importants sont restés à l’extérieur de l’immense territoire conquis par la science depuis les quatre derniers siècles ».

Jacques Jean Lapointe [LAP 92] ouvre une piste de réflexion intéressante : « Ce fait nous incite à explorer des méthodologies susceptibles de mieux composer avec la complexité des phénomènes qui nous entourent sans les isoler de l’environnement dans lequel ils naissent et évoluent. »

Sur la réflexion de J.J. Lapointe, nous avons conduit une étude de besoins pour un centre de documentation. Nous avons transposé la pyramide de hiérarchisation des besoins d’un individu de Maslow aux fonctions d’un centre de documentation.

La pyramide originale de Maslow définit cinq niveaux de besoins qui constituent la base des motivations des individus. Présents chez chacun de nous de façon inconsciente, ces besoins sont hiérarchisés et régit par une règle simple : un besoin supérieur ne devient conscient que lorsque les besoins inférieurs sont satisfaits. Par exemple, un individu ne peut se sentir en sécurité (niveau 2) si sa première préoccupation est de trouver à boire et à manger (niveau 1).

image empruntée au site http://www.humansized.fr/?p=47

Nous transposons le besoin d’accomplissement (niveau ultime) en fonction d’apprentissage à l’évaluation de l’information qui, selon nous, est le besoin / fonction le plus évolué que l’on peut attendre d’un centre de documentation.

Pyramide des besoins de Maslow par Guillaume-Nicolas Meyer

Pyramide des besoins de Maslow par Guillaume-Nicolas Meyer

D’un point de vue général retenons que « l’exploitation de l’information est un processus complexe qui, de ce fait, n’est pas infaillible. » [BUL 04]

Dans le cas particulier d’un centre de documentation en milieu scolaire, ayons à l’esprit que les lycéens (Digitales Natives) ne sont pas à même d’évaluer l’information trouvée sur le Web. [LOR 01] « One writer noted that the major difficulty in the use of the World Wide Web by children was their inability to distinguish between accurate and inaccurate information. »

En hiérarchisant les fonctions / besoins d’un centre de documentation selon la pyramide de Maslow, nous montrons que la fonction d’évaluation de l’information est complexe. Hors, ayant expliqué auparavant que l’approche analytique n’est pas en capacité d’appréhender la complexité, nous démontrons, n’en déplaise à Aristote, que les besoins les plus évolués et les problèmes liés à ces besoins doivent être appréhendés par une autre approche. Une approche qui tienne compte des relations entre les objets / individus.


[WAT 72] WATZLAWICK Paul, HELMICK BEAVIN Janet, JACKSON Don D., 1972, « Une logique de la communication », Paris, Seuil.

[LAP 92] LAPOINTE Jacques-Jean, 1992, « La conduite d’une étude de besoins en éducation et en formation », Presses de l’Université du Québec.

[BUL 04] BULINGE Franck, 2004, « Rôle et faiblesse de l’analyse dans la culture française de l’information. » in « Regards sur l’Intelligence Économique N°5, Septembre / Octobre 2004.

[LOR 01] LORENZEN Michaël, 2001, « The land of confusion? High school students and their use of the World Wide Web for research », Research Strategies, vol.18, n°2, p151-163, accessible en partie [en ligne] à cette adresse http://www.libraryinstruction.com/confusion.html, consulté le 11 novembre 2010.

Qui suis-je ?

guillaume-nicolas meyer

Bienvenue sur mon blog. Je m'appelle Guillaume-Nicolas Meyer, j'ai 40 ans, je suis marié, papa de quatre enfants, et je suis un Knowledge Manager polymathe et curieux. Chercheur en sciences humaines et sociales, doctorant en sciences de gestion, je m'intéresse également aux sciences cognitives et à l'environnement. Après la région parisienne, la Bretagne et l'Alsace, je suis actuellement basé en Poitou-Charentes, France.

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