Articles liés au mot-clé ‘serendipité’

27
Juil 11

neurone

Nous avions vu dans un article précédent que chaque cerveau « allume » des zones différentes à la vue de certains « objets ». Je vous propose de découvrir maintenant, quels rôles jouent vraiment nos processus attentionnels dans le phénomène de sérendipité.

Au programme :

  • Mais elle est où la sérendipité dans ton article ?
  • Chery, cocktail et Fetz-Noz
  • Un vrai lexique mental
  • S’auto-inhiber pour rester vigilant

Article à lire sur la plate-forme Hypothèses, sur laquelle je posterai dorénavant mes articles de recherche en Sciences de l’Information et de la Communication.

 

30
Mai 11

dessin des cortex du cerveau

Théorie hiérarchique de la perception

On commence par le cerveau. En 1972 d’abord, l’équipe de Gross, Rocha-Miranda & Bender, puis en 1984 avec Desimone, Albright Gross & Bruce, des travaux (*) permettent d’identifier, dans le cortex inféro-temporal, des neurones répondant sélectivement à des formes complexes (comme la vision d’une main ou d’un visage). La réponse des neurones activés par la vision d’une main diminue dès que la forme du stimulus s’en éloigne (gant, moufle, trident).

L’hypothèse du neurone de la grand-mère

L’hypothèse est donc rapidement émise que si un nombre très limité de neurones s’activent de façon sélective face a des stimuli complexes, c’est que ces cellules possèdent une information comme la reconnaissance du visage de sa grand-mère, que les autres n’ont pas. D’où l’hypothèse dite de « la cellule grand-mère », selon laquelle chaque cellule est une unité gnostique qui fonctionnerait par codage d’une information spécifique.

les neurosciences cognitivesVous vous posez certainement la question du nombre d’unités gnostiques qu’il vous faudrait pour reconnaître tous les objets de votre monde… je n’en ai aucune idée mais ça paraît énorme. D’autant que si vous voyez une chaise de face ou de côté, cela correspond à deux codages différents pour le même objet. Problème supplémentaire, nous perdons des neurones toutes notre vie, que se passerait-il si notre neurone de reconnaissance de chaise mourait ? Nous ne pourrions plus identifier une chaise ? Ca complique tout de suite votre visite au bureau, dans un café, au cinéma, etc.… Imaginez au cirque, vous verriez un clown tomber, tout le monde rigoler mais vous ne comprendriez pas pourquoi puisque vous n’auriez pas reconnu que son comparse avait enlevé la chaise avant qu’il ne s’assoit. Verriez-vous léviter quelqu’un en train de changer une ampoule debout sur une chaise ?

Notre cerveau est en RAID 5

Une nouvelle hypothèse, dite de codage distribué, est dès lors plébiscitée. Elle établit qu’un neurone peut entrer en activité pour des situations très différentes et que le codage d’un objet nécessiterait l’activité d’une grande quantité de neurones. Aucun neurone n’est donc spécifique au codage de l’objet chaise, ouf. Tout comme un ordinateur possédant suffisamment de disques durs pour stocker une information avec un système type RAID 5, notre cerveau « distribue » les informations nécessaires au codage d’un objet, dans suffisamment de neurones pour que la mort neuronale d’une partie de ces cellules n’empêche pas le bon fonctionnement de l’ensemble. Cette hypothèse permet également d’expliquer notre capacité à appréhender de nouveaux objets, visages, situations. En effet, dans ce cas, un nouveau groupe de neurones se crée à partir du schéma d’un groupe similaire (ou le plus identique).

Pourquoi une idée nous fait penser à une autre idée ?

Jusqu’ici, rien à voir avec la sérendipité, on y arrive. En fonctionnant de cette manière, le cerveau génère également des confusions, de fausses reconnaissances d’objets. Quand on surfe sur le web, il est presque impossible de tomber sur une page sans lien hypertexte. La sérendipité, ou effet « serendip », que l’on traduit (ou simplifie) généralement par « trouver par hasard » aurait-elle une de ses sources dans le fonctionnement de notre cerveau ?

La confusion entre un objet connu (le visage de votre grand-mère) et un nouvel objet (visage d’une femme âgée par exemple), proviendrait de l’activation, dans une grande proportion, des neurones impliqués dans la reconnaissance du visage connu. Ainsi, quand vous surfez sur une page, il y a une probabilité haute que s’activent dans votre cerveau des neurones correspondant à la thématique de cette page, mais pas seulement. Chaque cerveau étant unique et chaque page web présentant plusieurs thèmes, cela permet de penser que nos cerveau « n’allument » pas les mêmes groupes de cellules d’un individu à un autre. Chaque cerveau se met donc en situation, pour une situation donnée, à un instant donné, de favoriser ou d’inhiber un « hasard », somme toute très relatif, pour l’intérêt d’un sujet qu’il n’a pas choisit consciemment.

Notre capacité à passer du coq à l’âne, d’une idée à une autre, qui nous paraît parfois saugrenue, n’est due, selon moi, qu’a l’architectonie de notre cerveau. Nous ne maîtrisons, ni ne comprenons (puisque cette façon de voir les choses génère un débat au sein des neurosciences cognitives) la façon dont fonctionne notre cerveau et notamment la façon dont il stocke, gère, et recherche l’information. N’oublions pas que le cerveau n’est qu’une machine à traiter de l’information.

Encore de belles recherches en perspective.

(*) travaux réalisés sur des macaques.

 

11
Mar 11

bibliothèque

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

2 De la kybernêtikê de Google à l’homéostasie de Facebook

2.3 Dans la bibliothèque de Google, le rat n’a plus rien à ronger

Nous ne prenons guère de risque en énonçant qu’en milieu scolaire (CDI) un centre de documentation reste pour beaucoup aujourd’hui un lieu inintéressant où végète un « rat de bibliothèque », avec qui, bien souvent, il est difficile de discuter.

Ces difficultés de compréhension sont en grande partie dues aux nouvelles typologies de recherche. On est passé de « Madame, il me faudrait un livre d’histoire récent pour une photo du président des USA. » à un jeune devant un ordinateur qui « cherche une photo du visage de Barack Obama, de grandes tailles, au format JPEG, et dont la licence autorise des modifications. » (lien vers la requête). De plus, Google, le principal moteur de recherche, propose une interface si simple qu’elle ne requiert aucun effort de structuration et de formulation de la demande. Ainsi donc, on saisit « vacances en Laponie » pour trouver aussi bien une agence de voyages spécialisée dans cette destination que pour regarder des photos de rennes tirant un traîneau. Des finalités très différentes et pourtant une formulation identique. Aucun documentaliste n’accepte une requête de ce genre. La première chose qu’il demandera sera de préciser la requête. « Vous cherchez une agence de voyages ou des fichiers multimédias ? »

Le fossé est trop large. D’un côté, nous avons un univers pensé, normalisé et classifié, régi par un professionnel qui inscrit ses démarches dans le temps (conservation) et de l’autre, un monde de l’immédiateté, de l’instant, dans lequel trouver par erreur (effet serendip) est presque devenu une étape incontournable de l’activité de recherche (je ne recherche plus, je navigue). Notre rapport à l’information a tellement évolué depuis la démocratisation du web que « les schèmes cognitifs changent, on ne joue plus de la même manière avec les outils de recherche. » [GAL 08]

On s’aperçoit bien qu’appréhender un centre de documentation sans analyser, cartographier et évaluer les relations qui sont en jeu dans des méthodes pédagogiques, des techniques d’enseignement, des modalités d’évaluation et des activités d’apprentissage, réduit considérablement sa portée et sa compréhension.

L’entropie informationnelle [ERT 03, GAL 02] change notre rapport à l’information, nos façons de la rechercher, de l’évaluer, de la stocker, de l’annoter. L’équifinalité de l’approche systémique permet d’envisager plusieurs chemins pour apprendre la même chose.


[GAL 08] GALLEZOT Gabriel, ROLAND Michel, ARASZKIEWIEZ Jacques, 2008, « La recherche floue » In : Traitements et pratiques documentaires : vers un changement de paradigme ? – Document numérique et Société, Paris, CNAM, France.

[ERT 03] ERTZSCHEID Olivier, GALLEZOT Gabriel, 2003, « Chercher faux et trouver juste, Serendipité et recherche d’information. », CIFSIC, Bucarest 2003 – Atelier D2 – «Communication et complexité ».

[GAL 02] GALLEZOT Gabriel, 2002, « La recherche in silico » In : Chartron G. (dir.) Les chercheurs et la documentation électronique : nouveaux services, nouveaux usages, Edition du cercle de la Librairie, Coll. Bibliothèque.

25
Jan 11

Dans le cadre d’une série d’intervention en stratégie web à la European Communication School of Strasbourg (www.ecs-strasbourg.com), je mets  mes interventions à votre disposition.

Ce deuxième cours « comprendre l’information sur le web pour la trouver » a été l’occasion d’expliquer à des étudiants en master en communication, qu’est-ce qui est connecté à quoi en terme d’infrastructures, en termes humains. Le but de mon intervention était de les amener à se poser la question « quoi chercher ? » pour arriver finalement à « comment ? ».

Nous avons abordé la classification de l’information sur le web, l’utilisation massive des tags, la folksonomy, l’infobésité et les mécanismes de sérendipité. Pour arriver à cela, j’ai dû expliquer le changement de paysage informationnel que nous vivons, les mutations de l’auteur et des lecteurs, ainsi que les très communs critères d’évaluation de l’information tels que confiance, autorité, influence, popularité, pertinence, qualité, crédibilité et fiabilité.

Si la première partie est construite à partir de différentes présentations, toute la deuxième partie (slide 18 jusqu’à la fin) est tirée d’une de mes recherches en Sciences de l’Information et de la Communication.

08
Nov 10

À l’heure où tout le monde peut rechercher n’importe quoi sur le web, j’ai choisi de chercher à comprendre les mécanismes que chacun met en place pour arriver à une pertinence sociocognitive suffisamment satisfaisante pour « classer » un document en terme de confiance et d’utilisabilité : « utile, mais pas crédible », « pertinent, mais inutile », « populaire, mais pas fiable », etc.

Vous pouvez naviguer dans la carte heuristique sur l’autorité cognitive sur le web ou télécharger ce pdf  « Arriver à une pertinence sociocognitive satisfaisante (1.6 Mo) ».

Mes principales références sont les textes suivants :

  • Évaluation de l’information sur Internet : le défi de la formation (Alexandre Serres)
  • Construction de l’autorité informationnelle sur le web (Évelyne Broudoux)
  • Chercher faux et trouver juste, Serendipité et recherche d’information (Olivier Ertzscheid, Gabriel Gallezot)
  • Autorité et pertinence vs popularité et influence : réseaux sociaux sur Internet et mutations institutionnelles (Olivier Le Deuff)
  • Crédibilité[s] (Martin Lessard)
  • La pertinence en sciences de l’information : des modèles, une théorie ? (Brigitte Simonnot)

Je vous invite bien sur à réagir, aussi bien à mon postulat de départ qu’à mon cheminement d’idées (que vous trouverez dans la carte).

Les deux documents ont été réalisés avec la version d’essai de MindManager 9 (excellent outil).

Qui suis-je ?

guillaume-nicolas meyer

Bienvenue sur mon blog. Je m'appelle Guillaume-Nicolas Meyer, j'ai 40 ans, je suis marié, papa de quatre enfants, et je suis un Knowledge Manager polymathe et curieux. Chercheur en sciences humaines et sociales, doctorant en sciences de gestion, je m'intéresse également aux sciences cognitives et à l'environnement. Après la région parisienne, la Bretagne et l'Alsace, je suis actuellement basé en Poitou-Charentes, France.

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