Articles liés au mot-clé ‘psychologie’

24
Avr 15

Je vous propose ici une conclusion à ces 5 articles sur les ego-documents:

« Les historiens français, et avec eux leurs collèges de sciences humaines – sociologues, anthropologues et linguistes surtout -, ont redécouvert assez récemment les richesses offertes par ces ‘ego-documents’ ». (Bardet, et al., 2010) Et l’intérêt scientifique pour les ego-documents est depuis allez croissant et ne s’est jamais démenti puisqu’en 2002, le colloque international de Montpellier s’inscrivait dans une série de rencontres initiées par un réseau scientifique pour l’étude de la communication dans l’Europe moderne, notamment celle des correspondances et autres écrits du for privé. (Monnier, 2003)

Ce qui apparaît évident, c’est que l’ego-document, de par sa na nature, est un mode de communication qui échappe à la censure. Moins codifié, non public (dans sa forme ou dans son intention), l’ego-document franchit les frontières et ouvre sur une sociabilité sans limites. Les carnets de voyages notamment sont emblématiques du rôle scientifique que joue les ego-documents, ils renseignent sur la géographie, la biologie, la philosophie, l’histoire, le niveau technologique de l’Autre. La précision des récits de Marco Polo, de ses itinéraires et des paysages qu’il a vu a permis l’élaboration de cartes du monde plus exactes et la circulation d’avancées scientifiques.

Chaque angle disciplinaire mériterait une recherche dédiée aux ego-documents. On pourrait s’intéresser en  sciences politiques, à l’ego-document en tant qu’élément constitutif des libertés individuelles et sociétales. En psychologie, où l’on peut effectivement « considérer la narration comme un acte par lequel le sujet construit et confirme son identité : narro, ergo sum ». (Bres, 1994) En médecine, quand on sait que « Le récit de soi permet au sujet âgé de continuer à être quelqu’un, de se comprendre lui-même et de se valoriser. » (Comet, et al., 2008)

L’ego-document comme thérapie, comme matière à un contre-pouvoir, comme accélérateur scientifique, comme témoin social, comme indicateur du mal être au travail, comme lieu de construction de son « moi »… L’ego-document, artefact de la mémoire, ne participe-t-il pas aux pratiques culturelles visant à façonner les mémoires pour en améliorer les performances ?  En ce sens, n’est-il pas légitime de penser que les ego-documents sont en fait des constituants majeurs de la mémoire collective d’une société ? On pourrait penser qu’ils ne font pas partie de l’ensemble des contenus mémoriels supposés commun aux membres d’un groupe, mais les systèmes d’interrelations des mémoires individuelles sont bien à la base de ce qu’on appelle la mémoire collective.

Dès lors, il me apparaît difficile, voire impossible, de proposer une définition pérenne de ce type de document qui nous enseigne ou renseigne sur le « Moi » depuis que l’Homme crée des documents…

A bon entendeur, salut 😉

Bibliographie et Notes

Bardet, Jean-Pierre, Arnoul, Elisabeth et Ruggiu, François-Joseph, [éd.]. 2010. Les Écrits du for privé en Europe, du Moyen Âge à l’époque contemporaine Enquêtes, analyses, publications. s.l. : Presses universitaires de Bordeaux, 2010. p. 658. collection « Mémoires vives ». 978-2-86781-560-7.

Bres, Jacques. 1994. La Narrativité. s.l. : Duculot Louvain, 1994. p. 201. 978-2801110768.

Comet, Georges, Lejeune, Antoine et Maury-Rouan, Claire. 2008. Mémoire individuelle, mémoire collective et histoire. s.l. : Edition Solal, 2008. p. 215. 978-2-35327-040-8.

Monnier, Raymonde. 2003. Les Ego-documents à l’heure de l’électronique. Nouvelles approches des espaces et réseaux relationnels. [éd.] Pierre-Yves Beaurepaire et Dominique Taurisson (dir.). Annales historiques de la Révolution française. Montpellier : Publications de Montpellier III, 2003. p. 553. [en ligne], 343 | janvier-mars 2006, mis en ligne le 17 novembre 2008, http://ahrf.revues.org/10362, consulté le 20 décembre 2011. 2-84269-594-1.

15
Déc 11

vers une science de la vie mentale

Vers une science de la vie mentale Si vous n’avez jamais assisté à un cours du Collège de France ni à plus forte raison à une leçon inaugurale, il faut savoir qu’il s’agit d’une tradition qui remonte au seizième siècle (1530). Fidèle à sa devise « Docet omnia » (il enseigne toutes choses), ce vénérable institut du savoir a une particularité, c’est qu’on y enseigne le savoir « en train de se faire », c’est-à-dire la recherche scientifique en elle-même.

A l’occasion de la création de la chaire de psychologie cognitive expérimentale, le professeur Stanislas Dehaene fait son premier cours : sa leçon inaugurale. C’était le 27 avril 2006. Publié chez Fayard au prix de 10€, c’est un ouvrage que je conseille à tous ceux qui veulent avoir un aperçu de l’état des recherches dans cette discipline. Je suis depuis de nombreuses années les travaux de cette chaire mais je n’avais jamais regardé les ouvrages écrits par le professeur Dehaene. C’est chose faite.

dessin des cortex du cerveau

dessin des cortex du cerveau

« Guillaume, c’est pas un blog sur les Sciences de l’Information et de la Communication ? » Ne rigolez pas, on m’a posé la question avant que je publie. Du coup je réponds. Comment peut-on se dire étudiant ou chercheur en SIC, sans s’intéresser au point nodal qui filtre, trie, évalue toutes les informations qui circulent dans nos sociétés : le cerveau ?

Je retiendrai de cette leçon inaugurale que « notre système nerveux apprend à comprendre son environnement, c’est-à-dire à le prendre en lui, à l’internaliser sous forme de représentations mentales qui reproduisent, par isomorphisme psychophysique, certaines de ses lois. Nous portons en nous, un univers d’objets mentaux dont les lois imitent celles de la physique et de la géométrie. » p.28

A propos de la chronométrie mentale de la décision, on peut lire des positions surprenantes. Par exemple, pour l’auteur, il ne fait aucun doute que l’invention d’algorithmes symboliques a décuplé les compétences mathématiques humaines, et pourtant, il affirme que leur fondement reste profondément enraciné dans la cognition animale. Cela s’explique en fait par les expérimentations au début des années 2000 de l’activation d’une région dite de « calcul » dans le lobe pariétal, étudiée notamment chez le singe macaque, d’où l’homologie entre les primates humains et non-humains. (p.44)

Vers une science de la vie mentaleUn point qui m’intéresse particulièrement dans la construction de ses autorités cognitives « même si chaque information est infime, il suffit donc d’additionner leurs poids et d’attendre que le total atteigne un seuil donné de certitude. » (p. 52) Ce que les mathématiciens appellent une « marche aléatoire » (échantillon de vote sur la représentation du nombre, tirée d’une loi gaussienne sur un continuum logarithmique) pourrait bien être la clef, le modèle de prise de décision et donc de façon induite, de l’évaluation de l’information.

Pour faire simple, le système de décision doit « dans un environnement neuronal bruité, repéré et extraire le signal pertinent »… sélectionner l’information.

Vous comprenez mieux pourquoi, cher lecteur en SIC, je t’invite à lire cette leçon inaugurale. Cette marche aléatoire est même capable de prédire la latence de réponse et même la survenue des erreurs… prédictibilité quand tu nous tiens.

 

27
Juil 11

neurone

Nous avions vu dans un article précédent que chaque cerveau « allume » des zones différentes à la vue de certains « objets ». Je vous propose de découvrir maintenant, quels rôles jouent vraiment nos processus attentionnels dans le phénomène de sérendipité.

Au programme :

  • Mais elle est où la sérendipité dans ton article ?
  • Chery, cocktail et Fetz-Noz
  • Un vrai lexique mental
  • S’auto-inhiber pour rester vigilant

Article à lire sur la plate-forme Hypothèses, sur laquelle je posterai dorénavant mes articles de recherche en Sciences de l’Information et de la Communication.

 

10
Mar 11

émergence métacognition

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

2 De la kybernêtikê de Google à l’homéostasie de Facebook

2.2 Les invariants d’un centre de documentation

Tout comme Gödel, les structuralistes tels que Levy-Strauss, Lacan, Piaget ou Bourdieu sont convaincus de la présence d’invariants qui échappent à la conscience du sujet, du système. Car, contrairement au holisme, le structuralisme explique le complexe par l’interaction entre les éléments d’un système.

Cette conception particulière se retrouve chez les chercheurs du Mental Research Institute de Palo Alto qui considère exclusivement les systèmes humains comme des systèmes de relations, des systèmes de communication. Pour eux, « Les liens qui unissent les éléments d’un système sont si étroits qu’une modification de l’un des éléments entraînera une modification de tous les autres, et du système entier. » [WAT 72]

Cette capacité à laisser la porte ouverte à un phénomène que l’on ne maîtrise pas, voire dont on a pas conscience est plus qu’un pied de nez à l’approche scientifique, elle est tout simplement magique. Magie, identifiée par Flawell comme « La métacognition se rapporte à la connaissance qu’on a de ses propres processus cognitifs, de leurs produits et de tout ce qui y touche, par exemple, les propriétés pertinentes pour l’apprentissage d’information ou de données… » [FLA 76]

Dans notre champ d’études concernant un centre de documentation, l’évaluation de l’information est notre besoin / fonction identifié comme étant le plus élevé, le plus complexe, attendu / proposé. Or, en psychologie cognitive, l´étude du système de traitement de l´information chez l´être humain a fait apparaître que celui-ci est et devient un acte de connaissance. Tout ce qui se passe donc dans un centre de documentation est acte de connaissance.

Nous allons étudier le cas particulier de l’approche systémique en milieu scolaire et au rôle que peut / doit jouer le centre de documentation dans un tel milieu. La systémique permet d’étudier la difficulté scolaire dans le cadre d’un système. Cette approche va observer les interactions dynamiques entre les différents éléments (élève, documentaliste, savoir, centre de documentation, école, famille, environnement) et leur structuration organisée en fonction d’un but. Nous retiendrons qu’un de ces buts est l’acquisition autonome de connaissances et de compétences (apprendre à chercher des informations, apprendre à les évaluer).

L’approche systémique permet l’appréhension de systèmes complexes et donc de problèmes complexes. La systémique permet donc d’éviter les réponses binaires de l’approche linéaire telle qu’« une difficulté en français nécessite uniquement une remédiation en français » (souvent avec le même type d’exercices déjà proposé).


[WAT 72] WATZLAWICK Paul, HELMICK BEAVIN Janet, JACKSON Don D., 1972, « Une logique de la communication », Paris, Seuil.

[FLA 76] FLAVELL J.H., 1976, « Metacognitive aspects of problem-solving », In Resnick and all : The nature of intelligence : Lawrence Erlbaum Associates.

22
Sep 10

Influencer la décision d’un consommateur ne relève pas de la chance ou de la magie, c’est scientifique ! Le consommateur est un être complexe et imprévisible. Quels stratagèmes utiliser pour tenter d’influencer ses décisions ? Quels sont les arguments les plus convaincants ?

Je vous invite à lire le petit traité sur les outils d’influence de Cialdini.

Qui suis-je ?

guillaume-nicolas meyer

Bienvenue sur mon blog. Je m'appelle Guillaume-Nicolas Meyer, j'ai 40 ans, je suis marié, papa de quatre enfants, et je suis un Knowledge Manager polymathe et curieux. Chercheur en sciences humaines et sociales, doctorant en sciences de gestion, je m'intéresse également aux sciences cognitives et à l'environnement. Après la région parisienne, la Bretagne et l'Alsace, je suis actuellement basé en Poitou-Charentes, France.

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