Articles liés au mot-clé ‘pertinence sociocognitive’

12
Mar 13

Echelle d'intentionnalité : la pyramide de ses besoinsinformationnels

Tous les jours, nous évaluons des informations trouvées sur le web, tout simplement parce qu’il-y-a de plus en plus d’informations de notre quotidien disponibles en ligne : santé, bricolage, éducation, boutiques en ligne, associations, etc.

Mais évaluer une information sur internet, est-ce que ça a quelque chose de particulier ? Oui et non. En fait, les quatre facteurs les plus importants pour évaluer l’information sont opérants quel que soit le média : la vigilance, le besoin, l’affectivité liée au besoin, l’environnement immédiat ou la proxémie. Ces facteurs participent à la construction de notre échelle d’intentionnalité. Qu’est-ce que nous voulons faire de cette information ? Quelle est notre intention ?

Le pourquoi on accède à l’information est presque aussi important que l’information en elle-même. En effet il permet la contextualisation du contenu et donc son évaluation.

Pyramide de Maslow

Echelle d'intentionnalité : pyramide de MaslowLa pyramide originale de Maslow définit cinq niveaux de besoins qui constituent la base des motivations des individus. Présents chez chacun de nous de façon inconsciente, ces besoins sont hiérarchisés et régit par une règle simple : un besoin supérieur ne devient conscient que lorsque les besoins inférieurs sont satisfaits. Par exemple, un individu ne peut se sentir en sécurité (niveau 2) si sa première préoccupation est de trouver à boire et à manger (niveau 1).

Pyramide des besoins informationnels

J’ai transposé les cinq niveaux de la pyramide afin qu’ils correspondent aux besoins informationnels d’un individu.

Echelle d'intentionnalité : la pyramide de ses besoinsinformationnels

J’ai ensuite déterminé cinq niveaux de besoin d’informations : le besoin vital, le besoin pressant, le besoin de communiquer une information, le besoin d’évaluer une information, le besoin de vérifier la diffusion d’une information. Faisons le parallèle avec la pyramide originelle de Maslow.

  • Le besoin vital d’informations correspond à une situation de crise : il faut trouver la bonne information. Il peut s’agir d’un contexte personnel, comme le numéro d’urgence d’un centre antipoison parce que son enfant a avalé un produit dangereux ou bien d’un contexte professionnel comme identifier le client mécontent dans un groupe hostile afin d’enrayer l’atteinte à la réputation de l’entreprise. Le besoin de trouver est le plus fort des besoins informationnels car il induit obligation de résultat et de pertinence.
  • Le besoin pressant d’informations n’engage pas la sphère vitale, ce qui ne l’empêche pas d’être important. Dans un contexte professionnel nous pouvons citer le besoin de bien cibler un marché sous peine de voir la concurrence l’emporter, ce qui basculerait peut être les services marketing et commerciaux dans un besoin vital d’informations.
  • Le besoin de communiquer l’information relève clairement d’un besoin affectif de sociabiliser un ou plusieurs objets informationnels. Il n’y a plus de pression pour identifier une information, il s’agit maintenant de la faire circuler. Des parents qui envoient les photos de leurs enfants ou le plan de communication d’une entreprise relève de ce type de besoin.
  • Le besoin d’évaluer l’information est celui que nous rencontrons lorsque nous naviguons sur le web. Notons que la notion de navigation est ici comprise comme un acte à part entière et pas une technique d’appropriation de l’information. L’information nous arrive (info-pollutions, surcharge cognitive) et notre seul besoin est d’évaluer cette information.
  • Enfin le besoin de vérifier la diffusion d’une information fait écho au besoin d’accomplissement d’un individu ou d’une organisation. On mesure sa popularité, on consulte les statistiques de fréquentation d’un site, son Klout , son nombre de followers, son nombre d’amis, etc.

Conclusion

La pyramide de nos besoins informationnels nous permet de nous situer dans notre environnement socio-cognitif et informationnel et participe à la construction de nos propres échelles d’intentionnalités. Chaque information étant différente et ayant un « poids » émotionnel différent, nous construisons, à chaque fois, en quelques milli-secondes, une échelle d’intentionnalité lorsque nous évaluons une information.

Concocté à partir du mémoire de recherche « Évaluer l’information sur le web, peut-on arriver à une pertinence sociocognitive satisfaisante ?« .

27
Fév 13

Mémoire de recherche sur l'évaluation de l'information sur le web

De son titre complet « Évaluer l’information sur le web, peut-on arriver à une pertinence sociocognitive satisfaisante ?« , voici mon mémoire de recherche de Master en Sciences de l’Information et de la Communication, qui vient d’être publié sur la plate-forme mémSIC.

Réalisé sous la direction du professeur Alain Chante, ce mémoire visait, via études, analyses et hypothèses à partir du corpus documentaire en Sciences de l’Information et de la Communication, à répondre à la question « peut-on encore évaluer, sans influences (métacognitives) un objet informationnel sur le web ? ».

Evaluer l’information sur le web est un nouveau paradigme cognitif.

Evaluer l'information sur le web : Digitales Natives et Digital OldersLa profusion des documents, des supports, leurs interconnections, modifient en profondeur nos façons de chercher une information, nos stratégies d’évaluation et d’appropriation et donc nos schèmes cognitifs. La contextualisation et l’identification sont des tâches plus complexes sur le web, de par la nature protéiforme et pluriculturelle de l’information. Les mécanismes de lecture traditionnels ne sont plus opérants dans un espace virtuel sans limites, dé-temporalisé et graphiquement instable. Les mécanismes d’évaluation de l’information, comme la construction de ses autorités informationnelles ou de la pérennité de ses autorités cognitives, prennent maintenant une dimension collective qui passe systématiquement par une redocumentarisation et un brassage des taxonomies personnelles.

Introduction

« Le but de l’évaluation est de savoir s’il faut ou non sélectionner, exploiter et s’approprier l’information en question. Il s’agit en fait d’attribuer une valeur, une signification à l’information au moyen d’un jugement. » (Duplessis, 2007)

« On croyait que le numérique nous apporterait un accès facilité à la connaissance, il n’en est rien. La littératie se complexifie au contraire et l’illusion de la transparence dissimule délégations techniques et intellectuelles. » (Le Deuff, 2010)

Evaluer l'information sur le web : L'influence des autresLe jugement de la crédibilité des sources d’information est un thème qui interpelle les chercheurs en sciences de l’information et de la communication depuis toujours (Rouet et al, 2008). À l’heure où chacun utilise le web quotidiennement, que ce soit dans la sphère professionnelle ou personnelle, il nous intéresse de comprendre les mécanismes que chacun met en place pour arriver à une pertinence sociocognitive suffisamment satisfaisante pour « classer » un document en terme de confiance et d’utilisabilité : « populaire, mais pas fiable », « crédible, mais pas utile », « pertinent, mais inutile », etc.

Dans notre démarche de recherche, nous nous interrogerons selon trois axes principaux.

Le premier est lié à au media en lui-même et interroge sur nos facultés de perception sur le web. Le web est-il vraiment un espace à part, avec des règles de fonctionnement tellement spécifiques que nos mécanismes cognitifs d’évaluation de l’information en seraient perturbés ? Est-ce que le web introduit de nouvelles contraintes cognitives ? Est-ce que les mutations quasi-permanentes de cet espace immatériel permettent à l’internaute d’établir des stratégies d’évaluation, de recherche, pérennes ?

Evaluer l'information sur le web : autorités cognitives, autorités énonciatricesLe deuxième axe de recherche tient au concept de pertinence proprement dit. Comment juge-t-on que ce que l’on a trouvé est fiable au point de se dire qu’on va utiliser cette information, parfois dans un contexte de crise ? Quel sont les mécanismes qui font que l’on investit une information au point de décider de la transmettre à un tiers, de s’en porter garant ? Brigitte Simonnot (2008b) pose la question en ces termes « Les critères traditionnels d’évaluation de l’information sont-ils toujours opérants, à l’heure où les volumes d’information potentielle ne cessent de croître ? »

Mémoire de recherche sur l'évaluation de l'information sur le webEnfin le troisième axe de recherche porte sur nos façons de transformer l’information. Nous partirons de la définition d’Yves Jeanneret (2000) pour qui « l’information n’existe pas en soi, qu’elle est toujours le produit d’une interaction, d’un regard humain sur un objet, qui est le document ». Quels outils offre le web aujourd’hui pour co-évaluer une information, pour co-construire un réseau, pour partager des connaissances ? L’évaluation de l’information va-t-il devenir un processus collectif ?

Vous pouvez télécharger le mémoire de recherche « Évaluer l’information sur le web, peut-on arriver à une pertinence sociocognitive satisfaisante ?« .

07
Nov 12

Livre d'Alexandre Serres : Dans le labyrinthe, l'évaluation de l'information sur Internet

Bon, je vous le dis tout net, c’est un très mauvais livre. D’abord parce qu’il est sorti 3 mois trop tard pour que je m’en serve pour mon mémoire de recherche et surtout parce qu’il reprend l’ensemble de mes idées sans me citer une seule fois. Au courant de la sortie du livre depuis le mois de janvier 2012 par l’intenable Olivier Le Deuff (Le guide des égarés), je guettais chaque semaine la sortie dudit livre. Après des mois de patience et à quelques jours de rendre mon mémoire, j’ai dû me rendre à l’évidence : je ne pourrais pas plagier le livre dans un délai aussi court et j’ai du… horrible chose j’en conviens, me mettre à travailler. C’est pourquoi je ne dirais que du mal de ce livre (c’est légitime non ?).

Sachant que je m’intéresse à l’évaluation de l’information sur le web depuis la bataille de Bouvines (1214 pour les nains cultes), vous comprendrez que j’ai carrément plus de légitimité que l’auteur de « Dans le labyrinthe, l’évaluation de l’information sur internet » qui n’étudie le sujet que depuis une dizaine d’année… S’il se trouve une mauvaise langue pour dire que je le cite (plein de fois en fait) dans mon mémoire (bientôt en ligne), dans les ateliers que j’anime sur le sujet ou dans les cours que je donne, eh bien je nierai. Et tac, ça lui apprendra à attendre pour sortir ses livres.

Ce que vous trouverez dans le livre

Dans le labyrinthe, l'évaluation de l'information sur Internet

Pas de recette miracle qui vous permettra de distinguer le bon grain de l’ivraie… eh non. Le but du livre, l’auteur me corrigera (ah non, c’est mon blog), est bien d’apporter les clefs pour permettre au lecteur de faire usage de son libre arbitre en toute connaissance de cause. Et cette connaissance passe d’abord par distinguer des notions fondamentales, mais parfois floues, comme la pertinence ou la fiabilité d’une information, l’autorité de l’émetteur de cette information et naturellement le bruit qu’il peut y avoir sur le message.

Vous découvrirez « Dans le labyrinthe, l’évaluation de l’information sur Internet » que ces notions sont loin d’être si claires (moi qui demande systématiquement à mes étudiants  ou spectateurs le sens de ces mots, je vous le confirme). Vous découvrirez peut être aussi le quadruple brouillage (défini par Eric Sutter en 1998) qu’il-y-a sur Internet et dont tout les professionnels doivent se faire l’écho : surabondance, désinformation, prolifération d’informations indésirables, abus ou effets pervers de la publicité.

Les mots de la fin

Si vous étudiez ce qui se passe sur le web, si vous travaillez sur le web, si vous êtes un professionnel de l’information : lisez-le !

Et qui de mieux que l’auteur peut vous présenter son livre ?

PS : le » livre du jeudi » qui sort un mercredi, ça ne vous choque pas ?

24
Nov 11

2011 le web en 1915

Eli Pariser nous présente un web tout à fait différent de celui qu’on connait, un web qui à une morale, des buts, des objectifs sociaux altruistes. Il sensibilise l’audience du TED aux dangers de nos systèmes sociaux-techniques : résultats de recherche, prédictibilité, actions « cachées » et choix algorithmiques de Facebook et Google ». Une vidéo à voir si vous ne savez pas que vous n’avez pas les mêmes résultats d’une requête si vous la lancez de votre travail ou de votre maison.

17
Juin 11

photo de dictionnaire trouvé sur Xchange

Un petit article sympa de Jean-Marc Hardy sur les soeurs Pertinence et Qualité. C’est une bonne entrée en matière qui a le mérite de poser les bases d’une sémantique dont il est souvent question en Sciences de l’Information et de la Communication.

J’y consacrerais d’ailleurs mon mémoire de recherche. Pertinence, qualité, notoriété, popularité et réputation sont au coeur des processus d’évaluation de l’information et qualifier une information est un acte quotidien pour des individus, des entreprises, ou des états.

Lire l’article sur le blog de l’auteur.

Qui suis-je ?

guillaume-nicolas meyer

Bienvenue sur mon blog. Je m'appelle Guillaume-Nicolas Meyer, j'ai 40 ans, je suis marié, papa de quatre enfants, et je suis un Knowledge Manager polymathe et curieux. Chercheur en sciences humaines et sociales, doctorant en sciences de gestion, je m'intéresse également aux sciences cognitives et à l'environnement. Après la région parisienne, la Bretagne et l'Alsace, je suis actuellement basé en Poitou-Charentes, France.

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Mémoire de recherche sur l'évaluation de l'information sur le web

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