Articles liés au mot-clé ‘Développement Durable’

16
Août 14

colibri

Voici la conclusion de mes 3 articles qui interrogent sur la place du développement durable en période de crise :

Conclusion

Nous sommes donc, à notre sens, dans une période pendant laquelle l’attention portée aux conditions de production des entreprises est de plus en plus au cœur du processus d’achat et traduit bien la recherche de sens dans une consommation durable, mais qui se heurte à une réalité économique qui freine peut être les passages à l’acte.

Si beaucoup d’entreprises se sont réinventés à cause de la crise, via le prisme du développement durable, peu l’ont fait dans une logique de développement durable. Peut être faut-il voir dans la prophétie de Jeremy Rifkin d’il-y-a dix ans, l’arrivée imminente d’un nouvel âge du capitalisme et d’une société fondée sur l’accès aux biens : « Le rôle de la propriété est en train de subir une transformation radicale. Les conséquences de cette révolution sont d’une conséquence et d’une portée fondamentale pour notre société. […] D’ici à 25 ans, l’idée même de propriété paraîtra singulièrement limitée, voire complètement démodée. […] C’est de l’accès plus que de la propriété que dépendra désormais notre statut social. » (Rifkin, 2000).

Dix ans plus tard, Time Magazine consacrait la consommation collaborative comme l’une des dix idées qui allait changer le monde.

Bibliographie

Rifkin Jeremy, 2005, « L’âge de l’accès – La révolution de la nouvelle économie », éditions La Découverte.
Rifkin Jeremy, 2012, « La troisième révolution industrielle : comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde », LLL-Les Liens qui Libèrent.

05
Juil 14

croissance verte

Comme le souligne Alain Grandjean, tant que l’on continuera à évaluer les stratégies de développement durable à l’aune d’indicateurs financiers inadéquats, tel que le taux de rendement interne (TRI) par exemple, les entreprises ne pourront pas se persuader d’agir (Grandjean, 2008). En effet, lorsque l’on compare le coût de l’investissement à ses recettes futures, en les actualisant, 1 euro dans 20 ans vaudra 0.4 euro (avec un taux d’actualisation de 5%).

L’avenir n’existe pas

A travers le prisme financier, l’avenir n’existe simplement pas. Comment expliquer alors que le rapport [1] « Investir dans le changement climatique, nécessité et opportunités en période de turbulences » publié par la Deutsche Bank, montre qu’en 2007, plus de 148 milliards de dollars ont été investis dans les technologies vertes ?

C’est peut être parce que c’est dans le prolongement de la crise de 2008 que sont apparus, dans les institutions internationales, à l’ONU, à l’OCDE, deux nouveaux concepts, la « croissance verte » puis l’« économie verte ». La définition adoptée par les Nations Unies [2] est celle d’« une économie qui entraîne une amélioration du bien être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources ». Le marché mondial, au-delà donc des seuls « cleantechs » pourrait atteindre à moyen terme 4 500 milliards de dollars [3]. Pour autant, Edwin Zaccaï souligne que « L’économie verte n’a pas vraiment fait recette à Rio 2012 où l’objectif, flou, est assorti de bien des conditions […] »(Zaccaï, 2013). Il en résulte qu’on ne peut plus dire que la crise soit une possibilité de changement, les orientations étatiques, en France et en Europe, montrent bien qu’il s’agit d’un des fondements de l’économie verte « (…) while many countries are struggling to cope with the economic and financial crisis, the need for economic reforms and the reduction of public debts offer new opportunities to move rapidly towards a more resource-efficient, low-carbon economy » (European Commission 2012, p. 2 et p. 28).

Reprise sous conditions

En France, le Commissariat général au développement durable (CGDD) en arrive, en 2011 [4], à la conclusion que la transition de notre économie ne se fera que si trois conditions sont remplies simultanément : la mise en oeuvre d’une réelle politique industrielle ; la sécurisation des parcours professionnels ; l’articulation du dialogue social au niveau de l’entreprise, du secteur d’activité et du territoire. La réalité, c’est que les états ont mis du temps à comprendre que l’économie verte pouvait rivaliser avec les autres économies et que ses leviers étaient autant économiques que politiques.

De fait, « après la pression des ONG et associations, les entreprises subissent désormais celle des États qui ne veulent plus ni supporter des coûts environnementaux, ni tolérer des comportements sociaux et des évasions de revenus profitant aux intérêts d’actionnaires extraterritoriaux » (Comité 21, 2012).

Et si les comportements de ce qu’on appelle maintenant les « consom’acteurs » ont en effet bien changé et qu’ils attendent des produits sans OGM, sans phtalates, sans bisphénol A, sans huile de palme non durable, et fabriqué en France, on constate, dans le baromètre BVA de l’engagement durable des citoyens 2014 que les français en cette période de crise, se recentrent sur des valeurs individuelles (santé et pouvoir d’achat) et font passer l’engagement au second plan. En effet, « l’importance accordée à la protection de ma santé et à l’amélioration de mon niveau de vie progresse (+2%) au détriment de la protection de l’environnement (-3%) et de l’équité sociale (-1%). [5] »

Lire l’article suivant : Entreprise, crise et développement durable

Bibliographie et notes

[1] http://www.comite21.org/docs/actualites-comite-21/2009/rapport-de-prospective-2009-26062009.pdf

[2] Vers une économie verte – Pour un développement durable et une éradication de la pauvreté, Synthèse à l’intention des décideurs, PNUE, 2011.

[3] « Trois défis pour Rio+20 – Transition économique, renouveau de l’Agenda 21, dialogue parties prenantes », Rapport du Comité de prospective 2012 du Comité 21.

[4] Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dans les secteurs de l’industrie et de l’énergie dans le contexte d’une économie verte, Syndex et Groupe Alpha, CGDD, avril 2011.

[5] Régis Olagne, Directeur de Clientèle BVA spécialisé dans le Développement Durable et à l’origine du Baromètre BVA de l’Engagement Durable du Citoyen http://www.bva.fr/fr/actualites/parole_d_expert/developpement_durable_economie_collaborative.html

Comité 21, 2009, « Temps de crise financière, économique, écologique, sociale : enjeux, contradictions, opportunités par le Comité de prospective du Comité 21 », [en ligne], http://www.comite21.org/docs/actualites-comite-21/2009/rapport-de-prospective-2009-26062009.pdf, consulté le 08/09/2014.

Grandjean Alain, 2008, « Crise financière et développement durable », Revue « Annales des mines ».

Zaccaï Edwin, 2013, « Le développement durable dans la crise en Europe », Développement durable et territoires, [En ligne], Vol. 4, n°3 | Octobre 2013, mis en ligne le 30 octobre 2013, consulté le 08 septembre 2014. URL : http://developpementdurable.revues.org/10207.

26
Juin 14

green washing

Dans ce climat morose pour les entreprises, considérer le développement comme un levier possible de différenciation commerciale et marketing, voire comme une opportunité d’affaire, relève de l’exploit. Si l’on se fie à l’analyse sémantique du discours corporate des entreprises en matière de développement durable (Ujjef/Inférences, 2010), les services de communication se sont bien emparés du sujet et l’ont parfaitement intégré dans leur discours.

Pour autant, tant que le développement durable ne sera pas partie prenante dans la stratégie des entreprises, nous continuerons à constater une absence de prise en compte d’indicateurs complexes (notamment ceux liés à l’image de l’entreprise et à la RSE) au profit d’une logique, certes légitime, basée sur la seule performance économique de l’entreprise. L’étude réalisée par l’Ujjef et Inférences en 2010 fait apparaître des paradoxes de compréhension et la non intégration du développement durable dans l’ADN des entreprises.

Les dirigeants affirment par exemple, dans des discours lisses et attendus, un rejet du court-termisme mais n’apportent aucune vision stratégique du développement durable. La crise est citée 73 fois dans le discours des dirigeants, soit près de la moitié des occurrences du corpus global de l’étude (les rapports annuels publiés en 2009), mais c’est surtout pour expliquer que le contexte, défavorable, fait subir de fortes pressions sur l’entreprise, et donc à justifier des choix à court-terme.

Pouvons-nous blâmer ces dirigeants d’entreprise ? Quand on estime que son entreprise est au niveau « survie » de la pyramide de Maslow, est-ce qu’il est facile d’écouter ceux qui n’apportent pas des promesses d’injection massive de liquidités et de garantie sur les actifs dévalués ? C’est donc uniquement en étant un vecteur de création de valeur pour une entreprise que le développement durable permettra de créer de la valeur pour toutes les parties prenantes (clients, fournisseurs, employés, etc.).

Paul Polman, PDG d’Unilever, l’entend bien de cette oreille, lui qui, au plus fort de la crise, martelait « Sustainable Living Plan » et se lançait dans la réduction drastique des consommations de ressources naturelles (-50% de CO² en dix ans), dans l’amélioration des pratiques au cœur de sa supply chain et dans le soutien des petits exploitants agricoles et distributeurs.

Comme le dit Xavier Houot [1], « Si le « prisme développement durable » n’est pas le seul et unique moyen de regarder différemment son marché ou son modèle économique, reconnaissons tout de même qu’il en est un fabuleux catalyseur, au travers de son ouverture sur les parties prenantes, l’environnement naturel, la société et le monde de demain. ».

Lire l’article suivant : Un nouvel ordre mondial : la croissance verte

Bibliographie et notes

[1] http://www.lexpress.fr/emploi/business-et-sens/le-developpement-durable-en-temps-de-crise-errance-coupable-ou-strategie-eclairee_1174071.html

Ujjef / Inférences, 2010, « Analyse sémantique du discours corporate des entreprises sur le développement durable », [en ligne], http://www.inferences-conseil.com/PDF/Etude3-Synthese-Ujjef-Inferenecs-HD.pdf, consulté le 08/09/2014.

13
Mai 14

pauvreté inde

Si l’on se base sur la définition présenté par le rapport Brundtland, en 1987, « Un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. », on peut être tenté d’émettre l’idée que le concept même de développement durable est intimement lié à la pérennité d’une entreprise.

Pourtant, si l’idée de durabilité existe chez à peu près tous les chefs d’entreprise, la question, morale, éthique, de durabilité de l’environnement de ladite entreprise est clairement moins présente dans leur esprit. Le résultat en est, malheureusement ou pas, perçus par les français, qui, dans l’étude « État des lieux et perspectives du Grenn Marketing », exprimaient, à 78% ne pas faire confiance aux discours environnementaux des entreprises [1]. En 2011, c’est 45 % des Français qui trouvent « qu’on en fait trop sur le réchauffement climatique » [2].

La crise financière qui existe depuis 2007, et les mesures gouvernementales d’austérité qui ont été déployées à travers le monde, l’Europe, la France, à différentes échelles, inscrivent un climat de défiance envers les investissements à longs termes. On a pu croire un temps que « les enjeux environnementaux deviennent déterminants au plan géopolitique et économique » (Grandjean, 2008) mais la pression sur les ressources énergétiques, minérales, agricoles ne cesse de croître.

Si l’on considère les trois piliers du développement durable : social, économique et environnemental, on s’aperçoit que la crise monétaire et financière actuelle les traverse tous. Et c’est sans compter les jugements de valeur éthiques liés au mode de gouvernance, notamment des institutions financières, qui apparaissent au fur et à mesure des publications sur les responsables de la crise des subprimes, dont sept ans après, les auteurs continuent à être condamnés.

Comment exprimer, faire comprendre, et à plus forte raison, faire accepter, des enjeux environnementaux soutenables lorsque nos économistes, nos politiciens, nos médias, font sans cesse référence à l’insoutenabilité de la dette financière de notre pays et des pays avoisinants ? Nous sommes donc bien dans un paradigme à contre-courant de la préconisation du rapport Bruntdland, une dette, économique, compromet, et de façon durable, les capacités des générations futures à répondre à leurs besoins. Et cette sonnette d’alarme n’est pas une nouveauté des écologistes, leurs conceptions fustigent depuis longtemps la surconsommation (Carley et Spapens, 1988) et la surexploitation.

Lire l’article suivant : le levier du greenwashing

Bibliographie et notes

[1] Enquête Quintess Consulting, « Perception des français sur les pratiques des entreprises en matière de Développement Durable », enquête en ligne réalisée du 24 septembre au 4 octobre 2009 auprès d’un échantillon de 500 personnes représentatives de la population française.
[2] http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/04/03/je-ne-crois-pas-au-developpement-durable_1679774_3238.html

Grandjean Alain, 2008, « Crise financière et développement durable », Revue « Annales des mines ».

Carley Michael, Spapens Philippe, 1998, « Sharing the World : sustainable living and global equity in the 21st century », pp. 56-74, London, Earthscan.

07
Oct 10

Lors de la 8e Université d’été de la communication pour le développement durable (9 et 10 septembre 2010 à Buoux), le sociologue Jean Viard s’est exprimé sur le ‘temps du développement durable’.

Excellente vidéo qui nous renvoie à notre propre temporalité.

Mon passage préféré : « Je préfère la liberté à la certitude du futur. »

http://www.dailymotion.com/video/xex09h

Qui suis-je ?

guillaume-nicolas meyer

Bienvenue sur mon blog. Je m'appelle Guillaume-Nicolas Meyer, j'ai 40 ans, je suis marié, papa de quatre enfants, et je suis un Knowledge Manager polymathe et curieux. Chercheur en sciences humaines et sociales, doctorant en sciences de gestion, je m'intéresse également aux sciences cognitives et à l'environnement. Après la région parisienne, la Bretagne et l'Alsace, je suis actuellement basé en Poitou-Charentes, France.

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