Articles liés au mot-clé ‘crise économique’

08
Jan 16

Grâce à la crise des subprimes, les banques ont beaucoup appris et, bien sûr, elle ne referont plus les mêmes erreurs !

Bon, en tout cas, ça nous a servi de leçon…

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Lisez bien le petit encart sur fond noir…

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Aujourd’hui les spécialistes financiers proposent à certains grands groupes industriels de titriser leurs immeubles d’exploitation, leurs stocks… En clair, de rendre liquide presque tout leur bilan.

La leçon que nous n’apprendrons jamais

Rabobank a commencé en finançant les producteurs de tulipes…

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rabobank krack tulipe

2013

libor rabobank

07
Jan 16

Des années plus tard…

Juin 2012

La banque britannique Barclays annonce qu’elle va débourser 290 millions de livres sterling pour mettre fin aux enquêtes sur ses manipulations des taux LIBOR entre 2006 et 2009.

scandale du libor

Décembre 2012

La banque suisse UBS annonce qu’elle va payer une amende de 1,4 milliard de francs suisses pour avoir enfreint la législation sur les taux de change du crédit interbancaire [1].

scandale du libor

Février 2013

La Royal Bank of Scotland (RBS) doit s’acquitter d’une amende de 615 millions de dollars pour avoir manipulé le taux interbancaire Libor. RBS avait été sauvé par l’état, qui avait injecté, en 2008, 45,5 milliards de livres [2].

scandale du libor

Novembre 2013

La banque américaine JP Morgan [3] annonce le 15 novembre, avoir signé un accord à l’amiable avec 21 de ses clients pour solder des poursuites judiciaires liées aux subprimes, le tout pour un montant de 4,5 milliards de dollars. Cet arrangement vise à indemniser ces investisseurs de pertes essuyées sur 330 dérivés de crédits immobiliers risqués que JPMorgan Chase et sa filiale Bear Stearns leur avaient vendus entre 2005 et 2008. La banque est également en négociation avec différentes autorités américaines pour un accord à l’amiable qui, selon la presse étasunienne, devrait s’élever à 13 milliards de dollars.

Les liquidateurs de deux fonds d’investissement de Bear Stearns ont déposé plainte contre Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch pour 1 milliards de dollars. La plainte [4] accuse les trois agences d’entorses à l’objectivité et l’indépendance, en citant des messages et des courriers électroniques de certains de leurs salariés.

Octobre 2013

Bank of America a été reconnue coupable de fraude [5] en vendant des titres hypothécaires aux organismes de refinancement Fannie Mae et Freddie Mac. Le département de la Justice demande 848,2 millions de dollars, soit la perte brute subite par les organismes. Le montant des amendes et des accords à l’amiable pour éteindre les poursuites s’élèverait à une cinquantaine de milliards de dollars, selon plusieurs analystes.

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La banque Rabobank écope d’une amende de 774 millions d’euros [6]. La vénérable institution est accusée d’avoir manipulée plusieurs taux d’intérêts (LIBOR).

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Fannie Mae poursuit en justice 9 banques pour avoir manipulé les taux de crédit interbancaire sur le marché des changes : les britanniques Barclays et Royal Bank of Scotland, les suisses UBS et Credit Suisse, l’allemande Deutsche Bank, la néerlandaise Rabobank, et les américaines Bank of America, Citigroup, JPMorgan Chase.

Fannie Mae poursuit 9 banques en justice

Pour conclure

Pour conclure, il nous semble que la crise des subprimes mérite d’être expliquée bien plus par ses composantes politiques et sociales, que financières. Il apparaît, comme le souligne l’historien américain Franck Thomas que « la dépendance de l’État américain au marché, pour son financement, l’encourageait inévitablement à se conformer aux attentes de celui-ci. »

Plutôt qu’une analyse, nous nous permettons de citer quelques grands acteurs du monde économique :

« Il n’est pas raisonnable de permettre aux grandes banques de combiner la banque de détail avec la banque d’investissements ou de financements à risques, et de leur fournir une garantie implicite de l’État contre la faillite. Il faut changer les choses. »

Mervyn King, 2009, gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre.

« La seule solution viable est de découper les banques géantes. […] C’est un défi de taille, et pour y parvenir, le Congrès devrait adopter une version moderne du Glass-Steagall Act de 1933. […] Selon mon expérience, le cantonnement n’est pas très efficace. Il ne fonctionne que dans les beaux jours. Mais il ne fonctionne pas par mauvais temps. »

Paul Volcker, 2009, ancien président de la Fed.

« Trop de choses sont laissées aux soins des régulateurs. Et une question reste en suspens : peut-on leur faire confiance ? À mon sens, la réponse est un non sans ambiguïté. Je pense que les très grandes banques doivent être scindées. […] Il n’y a pas de preuve que des banques aussi énormes soient utiles à la société. […] »

Joseph Stiglitz, 2010, prix Nobel d’économie 2001.

 

Enfin, souvenons de ce que disait un des pères de la révolution industrielle américaine, Henry Ford « La négation de l’idée industrielle est la spéculation ».

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Bibliographie et notes

06
Jan 16

Prix du riz

En Europe

Les banques européennes possédaient, comme beaucoup, des CDO contaminés aux subprimes via la chaîne de titrisation. Tous les gestionnaires d’actifs se retrouvent paralysés du jour au lendemain par la faillite de Lehman Brothers, qui a gelé le marché du crédit interbancaire. Très logiquement, le taux de chômage commence à monter en Europe.

pertes d'emplois en Europe

Comme nous pouvons le voir sur le graphisme ci-dessous, tous les pays ont été touchés, et de façon exceptionnellement synchronisée. Exemple avec le taux de croissance du PIB au quatrième trimestre 2008 pour les principaux pays de l’OCDE.

taux de croissance du PIB dans les pays de l'OCDE

En Asie

Le cours du prix du riz au plus fort de la crise, en 2008, montre bien à quel point les produits dérivés s’appuyaient sur une multitude d’indicateurs, dont les taux de change de matières premières.

Prix du riz

« Reflections on the Global Food Crisis », Research Monograph 165 (Washington CD : Internation Food Policy Research Institute, 2010)

 

 

05
Jan 16

apartheid financier

Le terme « d’apartheid financier » a été utilisé en 2008 dans un rapport [1] de l’association United for a Fair Economy, qui fait état de grandes disparités entre « blancs » et « noirs ». Et effectivement, les données du bureau du recensement révèle, en 2007, que les Noirs à faible revenus sont trois fois plus à même d’être extrêmement pauvres que les Blancs non hispaniquesBlacks are nearly three times as likely as non-Hispanic whites to be in deep poverty » [2]).

 

apartheid financier

D’abord le chômage

Les répercussions de la crise sont inégales en fonction du profil des populations. Là encore on peut voir que les populations les plus fragiles, comme les afro-américains ont été plus durement touchées par le chômage que d’autres.

 

ratio emploi ethnie

Ensuite les saisies

À l’échelle de la ville de Cleveland, nous pouvons modéliser et illustrer, grâce aux deux cartes ci-dessous, cet apartheid financier. La carte du haut, en vert, représente le pourcentage d’attribution de prêts subprimes et la carte du bas, en rouge, représente le pourcentage d’afro-américains dans la population. On voit très bien que ces deux cartes se superposent.

cleveland subprimes loans

cleveland subprimes black

D’autres villes, comme Detroit ou Baltimore n’ont rien à envier à Cleveland. Detroit par exemple, est qualifiée en 2007, de ville la plus dangereuse des États-Unis par le magazine CQ Press. Une étude du Groupe ACORN [3] établit clairement que la multiplication des saisies immobilières a eu pour effet « d’augmenter la criminalité dans le voisinage, de diminuer la valeur des maisons et réduire les impôts perçus par les villes, les écoles de qualité hausse de la criminalité… ».

Nous sommes donc bien à l’opposé des objectifs recherchés que nous évoquions dans notre partie « Du néolibéralisme à la suppression du Glass-Steagall Act » par Milton Friedman et l’école de Chicago.

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Bibliographie et notes

[1]  http://faireconomy.org/state_of_the_dream_2008
[2] “US Economy Leaving Record Numbers in Severe Poverty” by Tony Pugh, publié le 23 Février 2007 par McClatchy Newspapers

[3] La référence, citée dans Lequesne-Roth (2009) n’est plus accessible car l’association s’est dissoute en 2010. « Foreclosure Exposure II : The Cost to our Cities and Neighborhoods », étude publiée par le groupe Association of Community Organisations for Reform Now. Leur site : http://www.acorn.org.

04
Jan 16

Les répercussions macroéconomiques aux USA

Selon le rapport sur la stabilité dans le monde du FMI (2008), les seules pertes subies par le secteur financier à la suite de la crise des subprimes en un an, aux Etats-Unis s’élevaient à 1400 milliards de dollars, dont 800 milliards constituaient les seules pertes du secteur bancaire (Hugon et al, 2009)

L’effondrement du marché immobilier

Nous nous proposons de résumer en 10 étapes l’éclatement de la bulle immobilière et ses conséquences sur l’économie à cause de l’interdépendance dû à la chaine de titrisation.

chaine de titrisation

« En fait, l’ensemble des innovations financières a conduit à une dissémination telle des risques que le système financier pouvait être déstabilisé par tout imprévu susceptible de remettre en cause les anticipations des opérateurs et donc de déclencher une panique boursière. » (Marty, 2011).

Les premières défaillances de remboursement des prêts subprimes par leurs souscripteurs ont conduit les banques à saisir lesdits biens. La multiplication des saisies a engendré une baisse du prix des maisons et même les ménages qui avaient des capacités suffisantes de remboursement se sont retrouvés dans la situation où le prix de leur maison se dégradant, le taux d’intérêt de leur prêt augmentait, les transformant à leur tour en mauvais payeurs puis en « pertes irrécouvrables ».

On voit bien sur le graphisme ci-dessous la chute brutale des prix de l’immobilier au premier semestre 2007.

prix des maisons aux USA

Figure 6 – prix des maisons aux USA

À l’été 2007 le taux de non remboursement sur les crédits « subprimes » dépassait 15%. L’effet corrélé, et absolument illogique, est la diminution des produits dérivés estampillés AAA (graphique ci-dessous). C’est bien l’illustration de la piètre qualité de modélisation du risque pour des produits dérivés de type CDO² ou CDO3.

diminution des produits dérivés

Chômage

La baisse du patrimoine des ménages les a incités à augmenter leur épargne de précaution, entraînant de facto une baisse de la consommation brutale à partir du premier trimestre 2008 comme l’illustre le graphique ci-dessous.

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À partir du premier trimestre 2008, la hausse du chômage s’accélère pour atteindre, en dix-huit mois la barre des 10%.

Taux de chômage

Le mois de septembre 2008

Le mois de septembre 2008 concentre une série de faits qui nous semble être l’apothéose de la crise, avec, notamment la faillite de la banque Lehman Brothers.

  • 7 septembre : Fannie Mae et Freddie Mac, au bord de la faillite et noté AAA sont nationalisées.
  • 9 septembre : Lehman Brothers annonce une perte de 3,2 milliards de dollars.
  • 12 septembre : Lehman Brothers n’a plus de liquidités.
  • 13 septembre : Merril Lynch est racheté par Bank of America.
  • 15 septembre : Lehman Brothers est déclaré en faillite.
  • 16 septembre : l’assureur AIG annonce qu’il doit rembourser 13 milliards de dollars pour couvrir les CDS.
  • 17 septembre : AIG est mis sous tutelle de l’état, qui va injecter plus de 150 milliards de dollars pour refinancer les banques.
  • 18 septembre : les banques demandent 700 milliards de dollars pour se renflouer et éviter une recession. Le 4 octobre suivant, le président Bush signe ce plan.
  • 18 septembre : la banque britannique HBOS, leader du prêt immobilier au Royaume-Uni accepte en urgence son rachat par Lloyds TSB.

Lorsque la banque centenaire, fleuron de l’économie américaine, se déclare en faillite, les marchés s’affolent. Tous ceux qui détiennent des titres de Lehman Brothers se retrouvent en manque de liquidités et cherchent à vendre des actifs pour rembourser leurs clients. Tous les opérateurs du marché du crédit interbancaire revoient à la hausse les probabilités de défaut des autres banques et cela paralyse le crédit interbancaire.

Selon le FMI (2009 [1]), jusqu’en janvier 2009, environ 792 milliards de dollars de dépréciations ont été enregistrés par les établissements bancaires dans le monde.

Pour y faire face, les banques ont collecté 826 milliards de dollars de capitaux, dont 380 milliards d’origine publique.

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Bibliographie et Notes

[1] FMI (2009), « Governments Must Take Stronger Measures to Strengthen Banks », IMF Survey online, 28 janvier.

Hugon P., Nicet-Chenaf D., Rougier E., 2009, « Les effets de la crise mondiale sur les pays émergents », in The international conference « Dimensions socio-politiques et économiques de la crise dans les pays émergents », MEXICO : Mexico, consulté le 6 décembre 2013, http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00798425

Qui suis-je ?

guillaume-nicolas meyer

Bienvenue sur mon blog. Je m'appelle Guillaume-Nicolas Meyer, j'ai 40 ans, je suis marié, papa de quatre enfants, et je suis un Knowledge Manager polymathe et curieux. Chercheur en sciences humaines et sociales, doctorant en sciences de gestion, je m'intéresse également aux sciences cognitives et à l'environnement. Après la région parisienne, la Bretagne et l'Alsace, je suis actuellement basé en Poitou-Charentes, France.

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