Articles liés au mot-clé ‘complexité’

11
Nov 11

TED cartographie de la complexité

Eric Berlow signe une vidéo TED qui tente une approche originale de cartographie de la complexité. D’inspiration clairement systémique, sa méthode s’appuie sur l’analyse des relations entre entités pour élaborer un diagnostic dans un système défaillant.

14
Mar 11

bonbons

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

2 De la kybernêtikê de Google à l’homéostasie de Facebook

2.4 De la nécessité d’une culture informationnelle

Les nouvelles typologies de recherche ont créé un lien de dépendance très fort des utilisateurs vis-à-vis des moteurs de recherche. « Une écrasante majorité d’utilisateurs considère que les résultats donnés par les moteurs de recherche sont fiables et questionne peu la pertinence des résultats. » [BRO 07] Un centre de documentation peut difficilement rivaliser avec Google.

De plus, « Je l’ai trouvé sur Internet » est devenu le nouveau « dicton d’autorité personnelle », selon la formule de Régis Debray, de la cybersphère. [SER 05]

Or, des notions « évidentes » pour chacun comme la confiance, la pertinence, la qualité, la crédibilité et la fiabilité deviennent très vite difficiles à définir dans un cadre d’évaluation de l’information. Et c’est sans compter que « les moteurs de recherche ne sont pas à l’abri des manipulations et de la propagande. » [SIM 09]

Comme le concept de réseau social, les concepts de qualité et d’autorité ne sont pas nouveaux. [RIE 02] « The concepts of quality and authority are not new. » Mais arriver à une pertinence sociocognitive satisfaisante est un processus itératif complexe que nous mettons en œuvre à toutes les étapes de notre vie. De l’enfance à l’analyse stratégique, nous devons régulièrement évaluer la pertinence sociocognitive d’une information et donc accepter de, parfois, nous tromper. Se tromper n’est pas envisageable dans l’approche analytique.

Quand on sait que « La maîtrise de l’information […] est l’une des cinq habiletés essentielles pour pouvoir intégrer le marché de travail dans l’avenir. » [INF 95], on se dit qu’il est grand temps d’opter pour l’approche systémique, qui nous permettra, nous en sommes convaincus de développer une culture informationnelle durable.

« On croyait que le numérique nous apporterait un accès facilité à la connaissance, il n’en est rien. La littératie se complexifie au contraire et l’illusion de la transparence dissimule délégations techniques et intellectuelles. » [LED 10]


[BRO 07] BROUDOUX Évelyne, 2007, « Construction de l’autorité informationnelle sur le web. », accessible [en ligne], http://hal.archives-ouvertes.fr/sic_00120710/, consulté le 16 octobre 2010.

[SER 05] SERRES Alexandre, 2005, « Évaluation de l’information sur Internet, le défi de la formation. », Bulettin des Bibliothèque de France – Paris, t. 50, n° 6, dossier : Formation des usagers, [en ligne], http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2005-06-0038-006, consulté le 10 octobre 2010.

[SIM 09] SIMMONOT Brigitte, 2008, « Être usager de l’information en ligne nécessite-t-il de nouvelles compétences ? », Ch1, p 21-39 in Dinet J. (dir, « Usages, usages et compétences informationnelles au 21ème siècle », Paris : Hemès Lavoisier.

[RIE 02] RIEH, Soo Young, 2002, « Judgment of Information Quality and Cognitive Authority in the Web. », Journal of the American Society for Information Science and Technology, 53(2), 145-161.

[INF 95], Information Literacy Committee, 1995, « Information Literacy », Ocotillo Report ’94, Arizona, USA, Maricopa Center for Learning and Instruction (MCLI), disponible [en ligne] à l’adresse : http://hakatai.mcli.dist.maricopa.edu/ocotillo/report94/rep7.html, traduction disponible [en ligne] sur http://www.ebsi.umontreal.ca/formanet/culture.html, consulté le 12 novembre 2010.

[LED 10] Le Deuff Olivier, 2010, « Nous avons de plus en plus besoin de lecteurs de crânes de licorne », [en ligne], http://www.guidedesegares.info/2010/12/31/nous-avons-de-plus-en-plus-besoin-de-lecteurs-de-cranes-de-licorne/, consulté le 2 janvier 2011.

09
Mar 11

image de bibliothèque

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

2 De la kybernêtikê de Google à l’homéostasie de Facebook

2.1 Qui sauve le vaisseau en perdition ?

« Aujourd’hui la science se trouve en quelque sorte sur une ligne de partage. Pendant deux siècles elle a étudié des systèmes intrinsèquement simples… Le fait qu’un dogme comme ‘faire varier les facteurs un par un’ ait pu être admis pendant un siècle, montre que l’objet des recherches scientifiques était dans une large mesure les systèmes qu’autorisait justement cette méthode, car une telle méthode est souvent totalement impropre à l’étude des systèmes complexes… Jusqu’à une époque récente, la science a eu tendance à concentrer son attention sur les systèmes simples et, notamment, sur les systèmes réductibles par l’analyse. » [ASH 56]

Cette ligne de partage dressée par Ashby en 1956 opposait déjà le maître et l’élève il y a 2300 ans. Comme nous avons vu ce qu’en pensait l’élève, étudions maintenant les propos de son maître.

« N’est-ce pas à la fois le pilote et les matelots, dont les sens s’unissent à l’intelligence du pilote, qui se sauvent eux-mêmes en même temps que le vaisseau. » Loin de fermer la porte au rire, Platon, dans cet extrait de « Les lois » (Livre XII), met en évidence la première approche systémique. Ni le pilote seul, ni les matelots, non plus que le vaisseau, ne peuvent trouver une solution à leur problème (sauver le vaisseau). Platon conçoit le vaisseau, le pilote et les matelots comme un système. Quand il parle de sens et d’intelligence, il est de plus dans l’analyse des relations de ce système.

Tout comme Blaise Pascal pour qui « Toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates, et toutes s’entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties », Ludwig von Bertalanffy formalise les réflexions de Platon dans sa théorie générale des systèmes : « Le tout d’un système est plus que la somme de toutes les parties du système. Toute approche s’y rapportant doit partir d’une recherche globale de la solution. »

Joël de Rosnay va plus loin [ROS 75] et intègre le kybernêtikê de la pensée grecque à la systémique : « Aujourd’hui, nous sommes confrontés à […] l’infiniment complexe […] Nous sommes confondus par le nombre et la prodigieuse variété des éléments, des relations, des interactions ou des combinaisons sur lesquels reposent le fonctionnement des grands systèmes […] Nous sommes déroutés par le jeu de leurs interdépendances et de leur dynamique propre, qui les font se transformer au moment même où nous les étudions. L’approche systémique […] s’appuie sur une démarche globale des problèmes ou des systèmes que l’on étudie et se concentre sur le jeu des interactions entre leurs éléments. »


[ASH 56] ASHBY W. Ross, Introduction to Cybernetics, Chapman & Hall, London, [disponible en ligne], http://pespmc1.vub.ac.be/books/IntroCyb.pdf, consulté le 1 janvier 2011.

[ROS 75] DE ROSNAY Joël, 1975, « Le macroscope, vers une vision globale », Seuil, collection Points

08
Mar 11

Pyramide des besoins de Maslow par Guillaume-Nicolas Meyer

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

1 De la syllogistique à l’inconcevabilité

1.4 Des « besoins » de Maslow, inconcevables

Paul Watzlawick enfonce le clou [WAT 72] : « …tant que la science a eu pour objet des relations causales linéaires, univoques et progressives, des phénomènes fort importants sont restés à l’extérieur de l’immense territoire conquis par la science depuis les quatre derniers siècles ».

Jacques Jean Lapointe [LAP 92] ouvre une piste de réflexion intéressante : « Ce fait nous incite à explorer des méthodologies susceptibles de mieux composer avec la complexité des phénomènes qui nous entourent sans les isoler de l’environnement dans lequel ils naissent et évoluent. »

Sur la réflexion de J.J. Lapointe, nous avons conduit une étude de besoins pour un centre de documentation. Nous avons transposé la pyramide de hiérarchisation des besoins d’un individu de Maslow aux fonctions d’un centre de documentation.

La pyramide originale de Maslow définit cinq niveaux de besoins qui constituent la base des motivations des individus. Présents chez chacun de nous de façon inconsciente, ces besoins sont hiérarchisés et régit par une règle simple : un besoin supérieur ne devient conscient que lorsque les besoins inférieurs sont satisfaits. Par exemple, un individu ne peut se sentir en sécurité (niveau 2) si sa première préoccupation est de trouver à boire et à manger (niveau 1).

image empruntée au site http://www.humansized.fr/?p=47

Nous transposons le besoin d’accomplissement (niveau ultime) en fonction d’apprentissage à l’évaluation de l’information qui, selon nous, est le besoin / fonction le plus évolué que l’on peut attendre d’un centre de documentation.

Pyramide des besoins de Maslow par Guillaume-Nicolas Meyer

Pyramide des besoins de Maslow par Guillaume-Nicolas Meyer

D’un point de vue général retenons que « l’exploitation de l’information est un processus complexe qui, de ce fait, n’est pas infaillible. » [BUL 04]

Dans le cas particulier d’un centre de documentation en milieu scolaire, ayons à l’esprit que les lycéens (Digitales Natives) ne sont pas à même d’évaluer l’information trouvée sur le Web. [LOR 01] « One writer noted that the major difficulty in the use of the World Wide Web by children was their inability to distinguish between accurate and inaccurate information. »

En hiérarchisant les fonctions / besoins d’un centre de documentation selon la pyramide de Maslow, nous montrons que la fonction d’évaluation de l’information est complexe. Hors, ayant expliqué auparavant que l’approche analytique n’est pas en capacité d’appréhender la complexité, nous démontrons, n’en déplaise à Aristote, que les besoins les plus évolués et les problèmes liés à ces besoins doivent être appréhendés par une autre approche. Une approche qui tienne compte des relations entre les objets / individus.


[WAT 72] WATZLAWICK Paul, HELMICK BEAVIN Janet, JACKSON Don D., 1972, « Une logique de la communication », Paris, Seuil.

[LAP 92] LAPOINTE Jacques-Jean, 1992, « La conduite d’une étude de besoins en éducation et en formation », Presses de l’Université du Québec.

[BUL 04] BULINGE Franck, 2004, « Rôle et faiblesse de l’analyse dans la culture française de l’information. » in « Regards sur l’Intelligence Économique N°5, Septembre / Octobre 2004.

[LOR 01] LORENZEN Michaël, 2001, « The land of confusion? High school students and their use of the World Wide Web for research », Research Strategies, vol.18, n°2, p151-163, accessible en partie [en ligne] à cette adresse http://www.libraryinstruction.com/confusion.html, consulté le 11 novembre 2010.

07
Mar 11

métacognition en centre de documentation

L’émergence de la métacognition en centre de documentation

Du structuralisme à la systémique, comment ces approches mettent-elles en évidence les connaissances métacognitives et l’affectivité dans un usage d’apprentissage en centre de documentation ?

Je vais présenter ma réflexion en 8 étapes.

1 De la syllogistique à l’inconcevabilité

1.3 Complexité de Kolmogorov et incomplétude de Gödel

Nous utiliserons ici le fallacieux prétexte du champ d’études transverse des Sciences de l’Information et de la Communication pour faire appel à la théorie algorithmique de l’information et au célèbre théorème de logique mathématique de Gödel. Leur emploi est selon nous nécessaire, pour illustrer, à l’aide de la quintessence de la science la plus « dure » (les mathématiques) la réduction des données opérées par les modèles bibliométriques (une science un peu plus « molle ») et mettre en évidence l’impossibilité de l’approche analytique à modéliser la complexité.

La théorie de la complexité de Kolmogorov synthétise plusieurs mesures de complexité, dont celle proposée par Shannon dans sa théorie de l’information. La théorie établit que la complexité d’un objet fini peut se définir par la taille du plus petit programme informatique (au sens théorique) qui permet de produire cet objet. La particularité supplémentaire de cette théorie est qu’elle n’est pas décidable. En effet, on peut concevoir un algorithme produisant l’objet voulu, ce qui prouve que la complexité de cet objet est au plus la taille de cet algorithme, mais on ne peut pas écrire de programme qui donne la complexité de Kolmogorov de tout objet que l’on voudrait lui donner en entrée.

Nous retiendrons de cette théorie qu’une information n’est jamais contenue dans un message seul, mais dans le couple message et décodeur, de façon indissociable. Ce constat nous permet d’établir que l’approche analytique, en divisant les éléments, ne peut pas appréhender la relation entre un message et son décodeur, base de la complexité.

Ce constat est renforcé par le fameux théorème d’incomplétude de Gödel, publié en 1931 dans son article « Über formal unentscheidbare Sätze der Principia Mathematica und verwandter Systeme » (Sur les propositions formellement indécidables des Principia Mathematica et des systèmes apparentés).

« Dans n’importe quelle théorie récursivement axiomatisable, cohérente et capable de « formaliser l’arithmétique », on peut construire un énoncé arithmétique qui ne peut être ni prouvé ni réfuté dans cette théorie.

Si T est une théorie cohérente qui satisfait des hypothèses analogues, la cohérence de T, qui peut s’exprimer dans la théorie T, n’est pas démontrable dans T. »

Nous retiendrons et transposerons du premier énoncé aux Sciences de l’Information et de la Communication, qu’une théorie suffisante pour « faire » de la documentation est nécessairement incomplète. Il existe dans cette théorie des énoncés qu’on ne sait pas démontrer à partir des seuls axiomes de la logique et dont la négation n’est pas non plus démontrable. « Il n’existe aucun formalisme qui embrasserait toutes ces étapes [du développement mathématique]. » [BON 08] La science la plus « dure » éprouve ses frontières avec humilité, la documentation en est-elle capable ?

L’approche scientifique, analytique, logique, montre ici ses limites. Cette volonté d’appréhender le réel de façon linéaire rend les aristotéliciens incapables de se rendre compte de leur incompétence face à la complexité.


[BON 08] Boniface Jacqueline, 2008, « Gödel : des théorèmes d’incomplétude à la théorie des concepts », in Noesis, N°14 | 2008 : Sciences du vivant et phénoménologie de la vie, [en ligne], http://noesis.revues.org/index1661.html, consulté le 30 décembre 2010

Qui suis-je ?

guillaume-nicolas meyer

Bienvenue sur mon blog. Je m'appelle Guillaume-Nicolas Meyer, j'ai 40 ans, je suis marié, papa de quatre enfants, et je suis un Knowledge Manager polymathe et curieux. Chercheur en sciences humaines et sociales, doctorant en sciences de gestion, je m'intéresse également aux sciences cognitives et à l'environnement. Après la région parisienne, la Bretagne et l'Alsace, je suis actuellement basé en Poitou-Charentes, France.

Curriculum Vitae

CV de Guillaume-Nicolas Meyer

Guillaume-Nicolas Meyer QR Code

Khan Academy Ambassador

Dernières publications



Mémoire de recherche sur l'évaluation de l'information sur le web

Mon dicton du moment

"Ceux qui sont pleins de certitudes devraient avoir un doute..."

Le journal des SIC vient de paraître

Plus de 500 tweets et retweets en 1 an !