07
janvier 2016

Crise des subprimes – Épilogue

Des années plus tard…

Juin 2012

La banque britannique Barclays annonce qu’elle va débourser 290 millions de livres sterling pour mettre fin aux enquêtes sur ses manipulations des taux LIBOR entre 2006 et 2009.

scandale du libor

Décembre 2012

La banque suisse UBS annonce qu’elle va payer une amende de 1,4 milliard de francs suisses pour avoir enfreint la législation sur les taux de change du crédit interbancaire [1].

scandale du libor

Février 2013

La Royal Bank of Scotland (RBS) doit s’acquitter d’une amende de 615 millions de dollars pour avoir manipulé le taux interbancaire Libor. RBS avait été sauvé par l’état, qui avait injecté, en 2008, 45,5 milliards de livres [2].

scandale du libor

Novembre 2013

La banque américaine JP Morgan [3] annonce le 15 novembre, avoir signé un accord à l’amiable avec 21 de ses clients pour solder des poursuites judiciaires liées aux subprimes, le tout pour un montant de 4,5 milliards de dollars. Cet arrangement vise à indemniser ces investisseurs de pertes essuyées sur 330 dérivés de crédits immobiliers risqués que JPMorgan Chase et sa filiale Bear Stearns leur avaient vendus entre 2005 et 2008. La banque est également en négociation avec différentes autorités américaines pour un accord à l’amiable qui, selon la presse étasunienne, devrait s’élever à 13 milliards de dollars.

Les liquidateurs de deux fonds d’investissement de Bear Stearns ont déposé plainte contre Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch pour 1 milliards de dollars. La plainte [4] accuse les trois agences d’entorses à l’objectivité et l’indépendance, en citant des messages et des courriers électroniques de certains de leurs salariés.

Octobre 2013

Bank of America a été reconnue coupable de fraude [5] en vendant des titres hypothécaires aux organismes de refinancement Fannie Mae et Freddie Mac. Le département de la Justice demande 848,2 millions de dollars, soit la perte brute subite par les organismes. Le montant des amendes et des accords à l’amiable pour éteindre les poursuites s’élèverait à une cinquantaine de milliards de dollars, selon plusieurs analystes.

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La banque Rabobank écope d’une amende de 774 millions d’euros [6]. La vénérable institution est accusée d’avoir manipulée plusieurs taux d’intérêts (LIBOR).

libor rabobank

 

Fannie Mae poursuit en justice 9 banques pour avoir manipulé les taux de crédit interbancaire sur le marché des changes : les britanniques Barclays et Royal Bank of Scotland, les suisses UBS et Credit Suisse, l’allemande Deutsche Bank, la néerlandaise Rabobank, et les américaines Bank of America, Citigroup, JPMorgan Chase.

Fannie Mae poursuit 9 banques en justice

Pour conclure

Pour conclure, il nous semble que la crise des subprimes mérite d’être expliquée bien plus par ses composantes politiques et sociales, que financières. Il apparaît, comme le souligne l’historien américain Franck Thomas que « la dépendance de l’État américain au marché, pour son financement, l’encourageait inévitablement à se conformer aux attentes de celui-ci. »

Plutôt qu’une analyse, nous nous permettons de citer quelques grands acteurs du monde économique :

« Il n’est pas raisonnable de permettre aux grandes banques de combiner la banque de détail avec la banque d’investissements ou de financements à risques, et de leur fournir une garantie implicite de l’État contre la faillite. Il faut changer les choses. »

Mervyn King, 2009, gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre.

« La seule solution viable est de découper les banques géantes. […] C’est un défi de taille, et pour y parvenir, le Congrès devrait adopter une version moderne du Glass-Steagall Act de 1933. […] Selon mon expérience, le cantonnement n’est pas très efficace. Il ne fonctionne que dans les beaux jours. Mais il ne fonctionne pas par mauvais temps. »

Paul Volcker, 2009, ancien président de la Fed.

« Trop de choses sont laissées aux soins des régulateurs. Et une question reste en suspens : peut-on leur faire confiance ? À mon sens, la réponse est un non sans ambiguïté. Je pense que les très grandes banques doivent être scindées. […] Il n’y a pas de preuve que des banques aussi énormes soient utiles à la société. […] »

Joseph Stiglitz, 2010, prix Nobel d’économie 2001.

 

Enfin, souvenons de ce que disait un des pères de la révolution industrielle américaine, Henry Ford « La négation de l’idée industrielle est la spéculation ».

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Bibliographie et notes

Qui suis-je ?

guillaume-nicolas meyer

Bienvenue sur mon blog. Je m'appelle Guillaume-Nicolas Meyer, j'ai 40 ans, je suis marié, papa de quatre enfants, et je suis un Knowledge Manager polymathe et curieux. Chercheur en sciences humaines et sociales, doctorant en sciences de gestion, je m'intéresse également aux sciences cognitives et à l'environnement. Après la région parisienne, la Bretagne et l'Alsace, je suis actuellement basé en Poitou-Charentes, France.

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